Elle s’appelle Valérie Baudson et elle a pris hier la direction générale de la société Amundi. Au départ, c’est la société de gestion de ces banques, celle qui concocte les sicav, les fonds communs de placement que les agences placent auprès de leurs clients.

Siège d'Amundi
Siège d'Amundi © Getty / Riccardo Milani / Hans Lucas

Mais Amundi, c’est beaucoup plus que cela.

A partir de 2009, la société a pris une certaine autonomie, qui s’est concrétisée en 2015 par son entrée en Bourse. Depuis, elle a connu une croissance impressionnante. Aujourd’hui Amundi a cent millions de clients et 1 755 milliards d’euros de fonds en gestion, ce qui en fait un des premiers actionnaires du CAC 40. 

Amundi reste beaucoup plus petit que le fameux fonds américain BlackRock. Mais c’est un des trois plus gros gestionnaires d’actifs européens avec la banque suisse UBS et l’assureur allemand Allianz. 

Et hier, Yves Perrier, le banquier qui a construit Amundi, a passé la main à une femme qui vient juste d’avoir 50 ans, Valérie Baudson. Elle devient, par la même occasion, directrice générale adjointe du groupe Crédit agricole. 

Un symbole

Celui d’une transition bien préparée. Comme actionnaire, Amundi attend des entreprises qu’elles respectent des critères sociaux et environnementaux exigeants, notamment en termes d’égalité femmes-hommes. Elle devait aussi donner l’exemple. La nomination de Valérie Baudson est une manière de le faire. 

Cela dit elle n’est pas là parce qu’elle est une femme ou la mère de deux enfants. Elle a surtout fait ses preuves de banquière. Elle a débuté en 1995 à l’inspection de la Banque Indosuez, rachetée par le Crédit agricole. Elle est allée dans tous les pays pour vérifier les comptes, chasser les mauvais risques ou les banquiers indélicats. Puis elle a dirigé le courtier en Bourse du groupe, la société Cheuvreux.

Elle y a créé le département ETF. Les ETF ce sont des instruments financiers qui reproduisent les indices boursiers et qui dominent aujourd’hui le monde des placements. 

Une date d'arrivée aux commandes pas anodine 

Aujourd’hui l’Assemblée nationale va discuter de la proposition de loi de la députée de l'Essonne, Marie-Pierre Rixain, soutenue par le groupe LREM. Or ce texte a pour but de mettre fin au plafond de verre qui empêche les femmes d’accéder à la direction de grands groupes.  

Il veut imposer des quotas dans les postes de cadres dirigeants des grandes entreprises. D’ici 5 ans, donc, les femmes devront occuper au moins 30% de ces postes et 40% d’ici 2030, dans huit ans. Cela s’imposera aux sociétés de plus de 1000 personnes, sous peine de sanctions. Et ce sera bien sûr valable pour la finance, un milieu encore très machiste.

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