La Bourse ne connaît pas beaucoup de jours fériés. Le 11 novembre en tout cas n’en est pas un. Les marchés européens vont donc ouvrir au même moment à 9 heures, heure de Paris, soit 8 heures, heure de Londres.

La Bourse de Londres
La Bourse de Londres © Getty / Chris J Ratcliffe

L’avantage de cet horaire matinal, surtout à Londres, c’est qu’il permet aux Bourses européennes de prendre le relais de la Bourse de Tokyo, sans temps mort. Le soleil ne se couche jamais sur les marchés. L’inconvénient, c’est que les traders à Londres doivent arriver très tôt au bureau, à 6 heures et demie ; 7 heures pour tout préparer. Or cet horaire matinal, ajouté au stress du métier, évince les pères et surtout les mères de famille de cette profession...

Deux femmes April Day et Galina Dimitrova, qui représentent l’association des banques d’investissement et celle des gérants d'actifs de la City, ont écrit aux Bourses, vendredi, pour leur demander de raccourcir les horaires d’ouverture des marchés.

L’amplitude horaire en Europe est plus longue que celle des Bourses américaine ou asiatique : 8 heures et demie par jour, contre 6 heures et demie aux Etats-Unis et six heures en Asie. On pourrait donc ouvrir à 9h à Londres et 10h à Paris et fermer une heure plus tôt. Cela permettrait d'améliorer l'égalité homme-femme et le bien-être dans les salles de marché. Mais le véritable intérêt de cette réforme serait de rendre les Bourses beaucoup plus efficaces, tout simplement parce qu’il y aurait plus de femmes et d’hommes mûrs dans les salles de marché et donc… moins de testostérone, une hormone très concentrée chez les hommes jeunes. Or depuis 2008, plusieurs études ont montré que cette hormone a un effet sur le comportement des spéculateurs. La dernière en date a été menée par la Ivey Business School au Canada et par l’Université d’Oxford. C’est de l’économie comportementale. 140 hommes ont été recrutés et divisés en équipes. Certains se sont appliqués du gel de testostérone sur les bras ou l’abdomen, les autres un gel placebo. Puis ils ont acheté ou vendu des actions en essayant de faire le plus de bénéfice possible. On a constaté que plus il y avait de testostérone dans les équipes de trading, plus il y a eu de spéculation à la hausse et de bulles boursières. 

Donc oui, il est grand temps de donner les 35 heures aux traders. Cela dit la demande d’April Day et Galina Dimitrova a été accueillie assez froidement. Pourtant il faut faire vite, car déjà dans les salles de marché, ordinateurs et robots remplacent à toute vitesse les hommes et les femmes…

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.