Patrick Drahi et Xaviel Niel en ont fait la démonstration cette semaine. L’action se déroule en plusieurs scènes et la première, il fallait être aveugle et sourd pour la manquer.

Cela se passait mardi dernier, en fin d’après-midi. Elle met en scène Emmanuel Macron. On l’imaginait à l’Elysée, en train de gamberger sur le remaniement. Il est à Station F, l’incubateur de start-up, il se livre à une longue séance de questions réponses avec des chefs d’entreprises. Ils sont près de 2000 dans la salle. Xavier Niel, patron de Free et propriétaire des lieux ne se montre pas, il est en coulisse. Le Président fait son show pendant plus d’une heure accompagné de son secrétaire d’Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi. En aparté, Emmanuel Macron explique qu’il ne voulait pas décevoir son ami Xavier qui lui avait lancé cette invitation… Et c’est là que les choses se compliquent. 

Début du deuxième acte. Nous sommes à l’autre bout de Paris, au siège du groupe Altice, où se prépare une autre fête. Patrick Drahi, le propriétaire de SFR et magnat des médias a convié tout ce qui comptent dans le monde des affaires à l’inauguration des sept nouveaux studios ultra-modernes de ses chaînes de télé, RMC, BFM, i24… Mais ce n'est pas la grosse ambiance. Dans l’entourage de Drahi, on tire carrément la tronche. Explication : depuis le début d’après-midi, les SMS pleuvent. Des personnalités se décommandent, elles sont retenues à Station F. Pour les Drahi Boys, le crime est signé : Ils avaient prévu cet événement de longue date, mais Xavier Niel a voulu saboter leur soirée en montant cette opération présidentielle en une semaine. Difficile à démontrer, même si Xavier Niel a prouvé par le passé qu’il était un champion de ce genre de contre programmation médiatique. Modestement, Patrick Drahi a eu le dernier mot, pendant son discours.  Il n’est pas un homme de médias, il ne fréquente pas les diners en ville, il ne sait pas parler en public… Mais il a recruté plein d’abonnés chez SFR ces deniers mois, pendant que Free en perdait. La cigale et la fourmi revisité.

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