La grande nouveauté de cette rentrée littéraire, c’est moins le nombre de romans publiés, 567, que la colère des auteurs… Joann Sfar et Tatiana de Rosnay ont créé, avec une trentaine de confrères, la Ligue des Auteurs Professionnels.

Les auteurs sont en colère
Les auteurs sont en colère © Getty / Emanuele Ravecca / EyeEm

Leur objectif : structurer le mouvement de ras-le-bol qui s’exprime sur les réseaux sociaux depuis le printemps sous les hashtags #AuteursEnColère et #PayeTonAuteur pour tirer la sonnette d’alarme sur la dégradation de leurs conditions de travail. 

Ce mouvement est parti d’un petit oubli du gouvernement : lors de la hausse de la CSG en janvier dernier, l’exécutif n’avait pas prévu de dispositif pour compenser cette hausse pour les auteurs, comme il a l’a fait pour les salariés. Les autres projets du gouvernement inquiètent aussi les auteurs, qu’il s’agisse de la réforme des retraites, de la réforme de leur régime social, ou du passage au prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu. A chaque fois, ils craignent que ces réformes entraînent une précarité accrue de leur métier. 

Aujourd’hui, on estime qu’il y a environ 100 000 auteurs en France, qu’ils soient auteurs de textes, traducteurs, dessinateurs, illustrateurs, scénaristes de BD ou graphistes. Seuls 8 % d’entre eux tirent plus d’un SMIC de cette activité. Et seuls 2 %, soit 1600 auteurs, touchent plus de trois SMIC. 

Le pire, c’est que leur situation se dégrade : la majorité des auteurs ont vu leur revenu baisser au cours des dix dernières années. Pas étonnant dans ces conditions que les deux tiers des auteurs exercent une autre activité professionnelle : c’est le seul moyen pour eux de toucher un revenu décent.  

Les auteurs en colère demandent que leur activité soit reconnue comme un véritable travail, et non comme un simple hobby. Ils veulent donc un statut de l’auteur professionnel. Avec une protection sociale qui se respecte. Ils veulent aussi des rapports plus équilibrés avec les éditeurs. C’est vrai que les conditions de rémunération sont souvent opaques dans ce milieu. Mais le secteur ne va pas si bien : malgré toujours plus de titres édités chaque année, le chiffre d’affaires de l’édition recule depuis le milieu des années 2000. Ce qui signifie que chaque livre se vend moins bien et moins cher. Dans ces conditions, tout l’enjeu pour les auteurs, c’est d’obtenir des éditeurs une plus grosse part d’un gâteau, qui lui a tendance à rétrécir. Ça ne sera pas simple.

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