C'est une bataille qui se joue discrètement, en coulisses, mais sans merci. Elle oppose Arnaud Lagardère, premier actionnaire du groupe qui porte son nom, et un fonds d’investissement de Londres Amber Capital.

Arnaud Lagardère, dirigeant du Groupe Lagardère
Arnaud Lagardère, dirigeant du Groupe Lagardère © AFP / ERIC PIERMONT

Le groupe Lagardère a bien changé ces dernières années. À l’époque de Jean-Luc Lagardère, son fondateur, c’était un conglomérat construit autour d’Europe 1 et de Matra, devenu l’Aérospatiale puis Airbus.

Depuis qu’Arnaud, le fils de Jean-Luc, en a pris les rênes, il a beaucoup réduit son périmètre. En 2013, L’Obs a fait un article titré Papa, j’ai rétréci le groupe ! La participation dans Airbus a été vendue, ainsi que le pôle de presse féminine, construit autour du magazine Elle.  

Mais il lui reste tout de même Hachette, le troisième groupe mondial d’édition, les magasins Relay, présents dans les gares et les aéroports, du marketing sportif et de la production audiovisuelle, et bien sûr Paris Match, le Journal du dimanche et Europe 1. Cela représente un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros. 

Arnaud Lagardère est le patron d'un vaste ensemble dont il ne possède qu’une petite partie du capital

Seul maître à bord de son groupe avec seulement 7 % des actions, Lagardère est aux commandes du groupe grâce à une structure juridique particulière. C’est cela qui ne plait pas du tout à Amber, qui a presque autant d’actions mais pas voix au chapitre.  

Amber est un fonds britannique, mais son fondateur Joseph Oughourlian est français et serait proche d’anciens cadres de Lagardère. Il a remarqué que le groupe valait moins en Bourse que la somme de ses participations.

Pour lui, cette décote est liée à la personnalité fantasque d’Arnaud Lagardère. Il l’a rencontré quatre fois pour essayer de lui faire prendre un virage stratégique, mais il a du mal à le faire bouger. 

Entre Lagardère et Amber, les choses se sont envenimées 

On dirait même que tous les coups sont permis ! Arnaud Lagardère soupçonne Amber d’être à l’origine d’un mail anonyme qui dénonce son “bilan déplorable”. 

Et Joseph Oughourlian a traîné Arnaud Lagardère devant le Tribunal de Commerce pour l’obliger à publier les comptes de sa holding personnelle. Le financier veut montrer qu’il est surendetté et qu’il prend donc trop d’argent à son groupe.  

Pour l’instant, Lagardère refuse d’obtempérer et s’appuie sur son premier actionnaire, le fonds souverain du Qatar, pour résister à Amber. Mais Amber, qui est ce qu'on appelle un fonds activiste, ne vas pas lâcher comme ça. 

Vous pouvez retrouver tous les détails de cette histoire sous la plume de Clément Lacombe dans L’Obs de cette semaine. 

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