En avril dernier, Emmanuel Macron a commandé à Frédéric Thiriez, l’ancien patron du foot professionnel français, un rapport pour réformer l’ENA et plus largement la formation des hauts-fonctionnaires. De jeunes hauts fonctionnaires veulent une prise en compte des enjeux climatiques dans leur cursus.

Pendant un cours de l'Ecole Nationale d'Administration
Pendant un cours de l'Ecole Nationale d'Administration © AFP / Patrick Hertzog

En avril dernier, Emmanuel Macron a commandé à Frédéric Thiriez, l’ancien patron du foot professionnel français, un rapport pour réformer l’ENA et plus largement la formation des hauts-fonctionnaires. Ce rapport est sur le bureau du Premier ministre depuis quinze jours, mais Edouard Philippe l’a bien caché. Il n’a pas encore fixé de date pour la remise officielle de ce document, qui n’est donc pas public. Frédéric Thiriez attend. 

Et il n’est pas le seul ! Un certain nombre de fonctionnaires comptent sur son travail pour ouvrir un large débat. Ce qui  les intéresse ce n’est pas l’ENA, sa suppression, son changement de nom, sa fusion avec une ou d’autres écoles, son classement de sortie : non, ils voudraient surtout que l’on réfléchisse au contenu de leur formation, et pas seulement de leur formation initiale, mais aussi de leur formation continue. 

Que doit-on apprendre au XXIe siècle pour être à la hauteur de l’intérêt général ?

J'ai rencontré les signataires d’une tribune sur ce sujet, qui ont une idée bien précise. Il s’agit d’un groupe de jeunes fonctionnaires venant d’horizons très différents. Certains sont énarques, mais pas tous. Car le service public, l’Etat, les fonctionnaires, c’est beaucoup plus large que cette école. 

Dans la liste des signataires, on trouve un vétérinaire, des anciens de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé publique, des fonctionnaires hospitaliers, des anciens de l’INET (l’école qui forme les fonctionnaires des collectivités locales), une directrice de la Banque de France, des polytechniciens (très remontés), plusieurs ingénieurs des ponts, eaux et forêts,  des conservateurs de bibliothèque, des datascientists de l’Insee, des profs... 

Leur demande est simple : ils veulent que leur formation accorde la même place aux enjeux climatiques, environnementaux et énergétiques qu’elle en accorde aux enjeux financiers et budgétaires. La consommation de ressources naturelle, les émissions de CO2, la dette écologique doivent être sur le même plan que les questions de finances publiques. Ils veulent des outils pour les intégrer dans leurs décisions. 

Vont-ils être entendus ? Ils n’ont pas été reçus par Frédéric Thiriez, qui ne leur a envoyé aucun signe, mais ils ont bon espoir car leur texte a été signé en quelques jours par 140 personnes, dont pas mal de noms connus. Frédéric Thiriez se dit d’ailleurs “bien conscient que le fonctionnaire du XXIe siècle ne peut pas être le même que celui du XXe siècle”. 

Le sujet ne lui a donc pas échappé. On demande maintenant à voir.

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