Nous sommes à quelques heures du discours de politique générale du Premier ministre qui doit lancer l’acte II du quinquennat. Les patrons sont-ils toujours derrière Emmanuel Macron ?

Oui, globalement c’est toujours le cas. Les dirigeants d’entreprise restent persuadés qu’Emmanuel Macron est foncièrement un président pro-business. Ils se félicitent tous les jours des réformes du code du travail, de la fiscalité, de la formation ou de l’apprentissage. Ils sont heureux de voir que l’image de la France est bien meilleure vue de l’étranger et que l’attractivité économique s’améliore. Rappelons que notre pays s’est hissé au deuxième rang européen, devant l’Allemagne, en matière d’investissements étrangers. 

Malgré cela, il y a un mais : depuis quelques mois les patrons doutent.

Ils doutent d’un changement de politique qui ne dirait pas son nom. Ils voient en effet avec la crise des gilets jaunes que le pays est profondément fracturé et que la politique de transformation menée par Emmanuel Macron n’a pas produit les résultats attendus, notamment en matière de pouvoir d’achat.

Le chef de l’Etat a répondu à cette crise majeure en distribuant 17 milliards d’euros, sans dire comment ils seront financés, et cela inquiète les chefs d’entreprise.

Ils redoutent de devoir payer tôt ou tard par des hausses d’impôt et des taxes ces milliards non financés. Le gouvernement a en ligne de mire la suppression de niches fiscales des entreprises. Il a décidé d’un report de la baisse de l’impôt sur les sociétés… 

Or de telles mesures dégradent la compétitivité des entreprises alors même que le chômage est élevé et la croissance faiblarde. Cette stratégie ne présage rien de bon à leurs yeux.
 

Qu’attendent-ils du discours de politique générale d’Edouard Philippe ?

Une baisse massive des dépenses publiques. Mais cela n’en prend pas le chemin. 

Les patrons attendent aussi que le Premier ministre réaffirme sa volonté de poursuivre les réformes économique et sociales. Celle de l’assurance chômage, de préférence sans mise en place d’un mécanisme de bonus-malus sur les contrats courts. 

Et surtout celle des retraites à condition de porter l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. C’est, aux yeux du Medef, l’une des meilleures solutions pour que les Français travaillent plus tout au long de leur vie comme le souhaite le chef de l’Etat. C’est aussi un bon moyen de rééquilibrer les finances publiques.

Les dirigeants, par la voix de Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, appellent aussi à un nouveau « choc d’offre », autrement dit à des baisses de charges et des taxes, seule solution à leurs yeux pour redonner de la croissance et faire baisser significativement le chômage.

Aux dernières nouvelles, Edouard Philippe n’a pas prévu de faire une telle annonce cet après-midi… Les doutes des patrons ne sont peut-être pas près de se dissiper !

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