Après l’annonce de tests d’efficacité très prometteurs par le groupe américain Pfizer et l’entreprise allemande BioNTech, la Bourse s’est emballée à l’idée qu’il y ait bientôt un vaccin contre le Covid. L'autre bonne nouvelle, c’est l’histoire de cette start up allemande ou plutôt du couple qui l’a créée.

Ugur Sahin l'un des deux fondateurs de BioNtech à l'origine du vaccin anti-covid-19
Ugur Sahin l'un des deux fondateurs de BioNtech à l'origine du vaccin anti-covid-19 © Getty / Andreas Arnold/dpa

C’est l’histoire de Pierre et Marie Curie, version 21ème siècle. Alors bien sûr il faut encore attendre avant d’avoir le vaccin. Mais pour le ministre de la santé allemand, Jens Spahn, c’est déjà “la lumière au bout du tunnel”.

Cette lumière, nous la devons à un couple de médecins-chercheurs, Özlem Türeci et Ugur Sahin. Ils sont mariés depuis dix-huit ans. Et ils sont tous deux allemands d’origine turque. Le père de Madame Türeci, un médecin d’Istanbul, s’est installé en Basse Saxe où elle est née, il y a 53 ans. Ugur Sahin, lui, a 55 ans. Il est arrivé à Cologne à l’âge de 4 ans, avec ses parents. Ils étaient venus travailler dans une usine Ford. 

Ils se sont rencontrés dans la Sarre, à l’université. Des passionnés. On dit que le jour de leur mariage, ils sont repassés au labo après la cérémonie à la mairie. 

Et quand ont-ils créé leur entreprise ? 

Très tôt. Ils en ont même créé deux. La première en 2001. Elle a été rachetée par un laboratoire japonais pour plus d’un milliard d’euros. Et puis ils ont fondé BioNtech, celle qui aurait trouvé le vaccin, en 2008. Elle développe des thérapies individuelles pour les malades du cancer. 

La start up est devenue une entreprise de 1800 personnes présente en Allemagne, mais aussi à Cambridge, près de Boston dans le Massachussetts, la Mecque des biotech. 

Mi-janvier, dès que le génome du Covid a été séquencé, ils ont monté une équipe de 40 personnes pour trouver l’antidote. 

Une autre rencontre a également été décisive ? 

Celle entre Ugur Sahin et Albert Bourla, le PDG de Pfizer. Selon le New York Times, ils auraient eu une sorte de coup de foudre amical et professionnel. Bourla est lui-même un immigré, d’origine grecque, ce qui les aurait rapprochés.

En mars ils se sont associés contre le Covid. Ils n’auraient même pas pris le temps de ficeler tous les détails du contrat. Une hérésie dans ce milieu. Qui n’empêche pas BioNTech de valoir 22 milliards d’euros en Bourse. 

Même milliardaires, ses fondateurs vivent toujours dans le même appartement, ils n’ont pas de voiture, et se déplacent à vélo. Ils travaillent beaucoup. 

En Allemagne - et c’est l’autre lumière au bout du tunnel - il n’y a pas de meilleure réponse qu’eux à la poussée anti-immigration qui nourrit l’extrême droite.