La chute de Lehman Brothers il y a dix ans a provoqué la pire crise économique que le monde a connu depuis 1929. A l’heure des bilans, les banques américaines sont les grandes gagnantes.

Ce n’est pas le genre de nouvelle qui rabibochera François Hollande avec la finance. Mais 10 ans après l’explosion de la crise des subprime, qui a ruiné des millions de propriétaires immobiliers, les banques américaines, coupables de cette crise, sont à nouveau riches, plus riches même que jamais. Au printemps dernier, JP Morgan a gagné autant d’argent que BNP Paribas en un an. En réalité, dix ans après la chute de Lehman, l’Amérique a ses Gafas de la tech, Amazon, Apple, Faceboook ? Google, mais elle a aussi ses Gafa de la banque. Ils se nomment Bank of America, Wells Fargo, Citigroup et JP Morgan. A eux quatre, ils valent plus de 1000 milliards de dollars !  

Ce spectaculaire redressement s'explique en trois points :

  1. D’abord par la méthode. Le Trésor américain a trié le bon grain de l’ivraie, autrement dit poussé à la faillite certaines banques et en a sauvé d’autres. Comment ? En injectant des milliards ou en poussant les grands malades vers des banques en meilleure forme. Merryll Lynch est ainsi tombée dans l’escarcelle de Bank of America. Une fois la crise passée, ces banques avaient tout pour devenir des mastodontes.  
  2. Ensuite la vitesse d’intervention. Parce que les États-Unis sont un seul et même pays, les sauvetages ont été beaucoup plus rapides que dans la vieille Europe. 
  3. Enfin, le système bancaire a bénéficié d’un rebond économique assez incroyable. La croissance est revenue aux États-Unis en 2010 et depuis le pays n’est jamais retombé en récession.  

D’une manière ou d’une autre, les banques américaines ont-elles payé pour le cataclysme qu’elles ont provoqué ? En Amérique les coupables échappent rarement aux sanctions. Et les sanctions sont souvent colossales. Les banques ont donc payé pour leurs fautes. On estime ainsi les amendes acquittées par les établissements financiers à 230 milliards de dollars. Les deux tiers ayant été versés par les banques américaines. Ces montants sont certes impressionnants, mais ils sont pourtant loin d’avoir couvert le coût de cette crise qui s’est chiffrée en milliers de milliards de dollars de perte de croissance pour la planète,  en millions d’emplois détruits, et en centaines de milliards injectés par les banques centrales pour relancer la machine économique   

En a-t-on vraiment fini avec cette crise ? La page se tourne, c’est incontestable. Mais les crises sont comme les cyclones : elles reviennent régulièrement. Le monde n’est donc pas à l’abri d’un nouveau choc. Quand ? Où ? Comment surviendra-t-il? Personne ne le sait, mais tout le monde le redoute. Y compris, c’est certain, les banquiers américains !

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