Sur les douze derniers mois, nous avons créé en France 270 000 nouveaux emplois, mais on aurait pu faire beaucoup mieux.

Les coiffeurs recrutent
Les coiffeurs recrutent © Getty / Cavan Images

C’est la ministre du travail, Muriel Pénicaud, qui le dit: “on en a encore sous le pied”. Elle a une explication simple pour cela: “une entreprise sur deux dit qu’elle n’arrive pas à recruter”

Pôle Emploi suit ce problème de près. Avec une conclusion : ça n’empêche pas vraiment les entreprises d’embaucher au final, mais ça retarde beaucoup le processus. Imaginons qu’il n’y ait aucun obstacle, on aurait immédiatement entre 128 000 et 211 000 emplois supplémentaires. Ce n’est pas rien. 

La coiffure est l'un des secteurs où il est devenu difficile de recruter

En dix ans, il a perdu 10 000 apprentis. Et presque le double de postes sont à pourvoir dans les salons. Dans le groupe Provalliance - Franck Provost, Jean-Louis David, Maniatis…- un salon sur deux recrute. Et a bien du mal à embaucher. 

Ce qui est intéressant, c’est que cette pénurie oblige la profession et même la filière à changer. L’Oréal s’est rendu compte que sans coiffeur, elle vendrait moins de produits. Le groupe a donc décidé d’ouvrir un centre d’apprentissage à Paris. 

Et nouveauté : ce sera une formation post-bac, un bachelor “coiffure en entrepreneuriat”, Bac +3 donc, au lieu du classique CAP ou Bac Pro. On pourra choisir son orientation plus tard. Avec peut-être aussi à la clef une revalorisation des salaires (1 647 euros brut par mois en moyenne dans la profession hors primes). 

La coiffure bouge, mais les autres secteurs aussi

Il y a un moment que les entreprises font face à ces difficultés de recrutement. Elles se remettent donc  en question, ouvrent des écoles de formation interne

Depuis deux ans, l’industrie travaille avec Pole Emploi pour développer de nouveaux modes d’embauche : pas sur les diplômes, ni sur l’expérience dans un métier donné, mais sur les compétences, avec des simulations. 

Selon une étude du cabinet Rexecode, une entreprise sur cinq se dit aujourd’hui prête à baisser le niveau requis et à former les gens qu’elle va recruter. Une sur cinq reconnaît aussi avoir revu à la hausse le salaire proposé

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.