La Fondation des Apprentis d’Auteuil publie son Baromètre de la solidarité des Français, concocté avec Ipsos Cette édition 2021 est marquée par la pandémie de Covid. Quel effet a-t-elle eu sur les dons des Français ? Elle a augmenté leur générosité mais cet élan s'essouffle

Solidarité : les Français généreux pendant la crise, mais l'élan s'essouffle
Solidarité : les Français généreux pendant la crise, mais l'élan s'essouffle © Maxppp / Richard Villalon

Le Baromètre de la solidarité de la Fondation des Apprentis d'Auteuil, édition 2021, mitigé. 

La moitié des Français déclarent que cette crise sanitaire leur a donné envie d’être plus solidaires. 

Cela veut dire que l’autre moitié n’a pas envie de faire plus et ne va rien changer.  Or il y a un an, à la fin du confinement, deux tiers des Français promettaient d’être plus généreux à l’avenir. 

C’est un peu comme si la bonne volonté s’essoufflait à mesure que la pandémie dure et épuise tout le monde. 

On le voit aussi chez les ménages les plus aisés, ceux qui gagnent plus de 120 000 euros nets par an, 10 000 euros par mois donc. Ils ont bien conscience d’être privilégiés. Et deux tiers d’entre eux promettent toujours d’être plus solidaires. Mais eux aussi, ils sont moins nombreux sur cette ligne qu’il y a un an. 

Ipsos, qui réalise ce baromètre, a demandé à tous comment ils comptent manifester leur  solidarité. Eh bien d’abord en aidant leur entourage et ensuite en faisant plus de dons aux associations. 

Et combien donnent les Français en moyenne ? 

D’après ce sondage, on aurait donné en moyenne 395 euros par ménage, soit 95 euros de plus qu’en 2019. La moitié des ménages donnent moins de 100 euros. Chez les ménages les plus aisés, ceux qui gagnent plus de 120 000 euros par an, les dons atteignent 2 463 euros, c’est 323 euros de plus que l’année d’avant. 

La bonne nouvelle, c’est que cette hausse motivée par la générosité plus que par la fiscalité. L’an dernier, pour soutenir les associations, le parlement a fortement augmenté le plafond des dons qui donnent droit à une réduction d’impôt. Il est passé de 552 euros à 1000 euros.

Eh bien il semblerait qu’une majorité de Français n’étaient pas au courant de ce changement. Même parmi les mieux informés il n’est pas toujours connu. Ce n’est donc pas ce qui les a motivés en priorité. A bon entendeur, cet avantage fiscal est reconduit cette année. 

Et il y a des tendances nouvelles ? 

Oui, plusieurs. 

Par exemple, parmi les ménages à hauts revenus, une personne sur trois envisage de se réorienter professionnellement pour aller vers un métier ou un poste qu’elle considère plus solidaire.

Stéphane Dauge de la Fondation des Apprentis d’Auteuil reçoit de “de plus en plus de demandes d’entretiens de la part de quadras ou de quinquas qui s’interrogent sur leur parcours. ” 

On note aussi que les cagnottes en ligne deviennent un outil courant de solidarité. Et qu’avec la crise sanitaire, l’aide aux personnes en difficulté, aux jeunes, aux handicapés, passe avant l’aide aux animaux ou le soutien à la recherche médicale. 

Comme si on voulait d’abord lutter contre les inégalités. 

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