Le Canadien Benjamin Smith en est le patron, Anne Rigail est la nouvelle directrice générale. Décidément, la compagnie est en pleine métamorphose.

Oubliée la grève géante qui avait paralysé l’entreprise avant l’été et provoqué le départ du président d’Air France-KLM, Antoine Janaillac. Le groupe est en plein état de grâce depuis le mois d’août, et l’arrivée de son nouveau patron le Canadien Benjamin Smith. Ce n’était pas gagné, souvenez-vous, cet ancien numéro deux d’Air Canada avait été accueilli au bazooka par les syndicats et les pilotes.  Mais en quatre mois, il a imposé sa marque. Il discute avec tous les personnels. Il a commencé à faire le ménage dans le management – le DRH Gilles Gateau en a notamment fait les frais. Et le nouveau boss serait en train de réaliser un audit du comité de direction. Il a pris son temps pour nommer la nouvelle patronne d’Air France. Anne Rigail est un pur produit de l’entreprise. Elle y est entrée en 1999. Elle est très orientée clients et marketing. La stratégie opérationnelle reste l’affaire de Ben Smith qui réussi au passage ce double tour de force : lui, le premier patron étranger d’Air France KLM pousse pour la première fois une femme à la tête d’Air France.  

La méthode Ben Smith

Smith est un grand pragmatique, il refuse par exemple de voir les médias et se concentre sur l’opérationnel.  Il a tenu bon face aux pilotes en refusant de négocier directement avec eux sur les salaires. Mais il a lâché 4% d’augmentation pour tous les personnels et donné quelques garanties aux pilotes en les associant au process de sécurité à bord – l’ancienne direction s’y opposait.  C’est un homme de terrain, pas un politique. Et ça plait. En témoigne le résultat des élections professionnelles, début décembre : le très radical Philippe Evain a été remplacé par le modéré Guillaume Gestas à la tête du syndicat majoritaire des pilotes.  

Ben Smith a le champ libre pour réformer

Il doit présenter son plan stratégique en février.  Les chantiers ne manquent pas : il faut boucler la négociation salariale avec les pilotes et mettre de l’ordre dans les marques – Air France, Transavia, Hop… huit au total.  Il faut aussi rationnaliser la flotte d’avions et ménager les Hollandais de KLM. Le tout, en ne parlant que l’anglais. Certains syndicalistes maison lui ont déjà trouvé un surnom : le magicien.

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