Depuis le début de l’année, les Français peuvent s’acheter des lunettes en bénéficiant du “reste à charge zéro”. Tout le monde devrait être content et pourtant, c’est loin d’être le cas…

Magasin d'optique
Magasin d'optique © Getty / JeffKontur

Ce qui devait être un coup de pouce au pouvoir d’achat des Français est en train de faire pschitt. Déjà le nom du dispositif, “RAC zéro” comme disent les opticiens ou les assureurs, n’est pas le meilleur choix marketing mais ça, c’est un détail. 

Le problème, c’est plutôt que les Français ne le connaissent pas ou ne le comprennent pas. Un sondage, fait par le site Assurland.com auprès d’internautes qui utilisent son comparateur d’assurance, est très clair : plus de deux Français sur trois ont entendu parler du dispositif mais une majorité d’entre eux pensent qu’il  ne les concerne pas. 

Or tous ceux qui ont une complémentaire santé, une mutuelle, y ont droit, c’est-à-dire 95% des Français. 

Ce n’est pas le seul malentendu

28% de ceux qui connaissent le dispositif n’en attendent rien car ils n’ont “pas confiance” dans les équipements du "panier A" , ceux proposés par les opticiens dans le cadre du zéro reste à charge. Comme si le RAC zéro stigmatisait une offre low cost, qui, avant, était perçue comme un achat malin. 

Le panier A, c’est donc moins de 5% des ventes des opticiens. Pourtant, il s'agit d'un choix de 17 montures et de verres de qualité et qui sont totalement remboursés. 

En plus 9 personnes interrogées sur 10 pensent qu’il n’y a rien de gratuit et que ce “cadeau” sera in fine payé par une hausse du prix des mutuelles, même si la ministre de la Santé Agnès Buzyn dit le contraire. D’après Assurland.com, ils ont raison : le site prévoit une augmentation des tarifs de 2,5% en 2020. UFC-Que Choisir pense que ce sera le double

Qu’est-ce que le gouvernement a raté avec cette réforme ? 

Dès qu’on touche aux sujets de santé, ça finit toujours en usine à gaz. Pourtant Emmanuel Macron avait eu l’idée d’une réforme simple. Il pensait qu’en mettant un peu de concurrence dans le système, on pouvait dépenser moins, tout en équipant ceux qui n’avaient pas les moyens d’accéder aux soins jusque-là. 

A l’arrivée, on a une offre low cost administrée. Hors de celle-ci, le plafond de remboursement des montures par les mutuelles baisse de 150 à 100 euros. Et le travail des opticiens en janvier a été perturbé par des bugs informatiques avec les assureurs pour le tiers payant.  

Consolons-nous tout de même : les opticiens voient revenir certains clients jusque-là effrayés par le coût des lunettes. Et le RAC zéro semble plus prometteur pour les appareils auditifs. 

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