La ministre de la fonction publique, Amélie de Montchalin, va présenter en séminaire gouvernemental une série d’indicateurs qui permettront de suivre les réformes du quinquennat Macron. Gadget pour la communication ou vrai outil de pilotage ?

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Christophe Ena

Le nouveau baromètre du gouvernement sur les réformes est évidemment un outil de communication, mais point intéressant, il s’adresse autant aux citoyens qu’aux ministres - ce sera au menu de leur séminaire gouvernemental tout à l’heure- et aux préfets. Les indicateurs leur ont été présentés lundi. 

Amélie de Montchalin insiste beaucoup sur ce point. Elle veut essayer de sortir d’un piège, un grand classique : les femmes ou les hommes politiques, lorsqu’ils deviennent ministres, adorent préparer des lois qui vont faire parler d’eux et qui portent leur nom, mais une fois le “quart d’heure warholien” passé, ils ne s’occupent pas toujours de leur mise en œuvre concrète. Or c’est là que réside l’efficacité d’une réforme. 

Une bonne excuse pour masquer des lois mal conçues, tout simplement ? 

C’est vrai, mais derrière il y a une réalité. A la fin du quinquennat de François Hollande, seulement 55% des décrets d’application des lois votées avaient été pris. 

Emmanuel Macron est obsédé par ce piège. Il harcelait déjà Edouard Philippe et les ministres avant le Covid sur cette question du suivi

Il y a eu une parenthèse à cause de la pandémie mais il a demandé à la ministre de la fonction publique de remettre l’ouvrage sur le métier pour vérifier que les promesses sont déployées sur tout le territoire et pas dans quelques villes ou départements vitrines.  Sous son quinquennat, 92% des décrets d’application ont déjà été pris, affirme Amélie de Montchalin.

Les indicateurs présentés aujourd’hui 

On verra, par exemple, si l’objectif de limiter à 24 élèves les classes de grande section, CP ou CE1 est atteint. Pour l’instant seule la Lozère l’atteint, les Hauts-de-Seine ou les Alpes-Maritimes étant très en retard. 

On pourra suivre le taux de réussite aux examens en première année universitaire (qui n’est que de 45%) ou le nombre de contrats d’apprentissage signés dans chaque département. 

Autre exemple concret : on verra comment la fibre a été déployée. Cela fera apparaître de gros écarts, avec 9% de foyers reliés en Ardèche contre 46% (soit cinq fois plus) chez leurs voisins de Haute-Loire. Les Ardéchois pourront demander des comptes. 

On verra combien de personnes sans abri ont été relogées dans un logement social, combien de kilomètres de pistes cyclables ont été ouverts. Les chiffres seront en open data, donc en accès libre. 

Donc de la communication, c’est sûr, mais qui fera une très bonne base de débat.