Imaginez, vous vous apprêtez à prendre l’avion et vous voyez arriver un huissier escorté par la police qui immobilise l’appareil sur le tarmac. C’est ce qui est arrivé à 149 passagers en partance pour Londres jeudi dernier en fin d’après-midi.

La justice européenne, la commission et maintenant cinq pays européens demandent à Ryanair d’appliquer le droit du travail local à son personnel.
La justice européenne, la commission et maintenant cinq pays européens demandent à Ryanair d’appliquer le droit du travail local à son personnel. © AFP / EMMANUEL DUNAND

Ils ont finalement pu embarquer sur un autre vol Ryanair 5 heures plus tard. L’avion, lui, est resté cloué au sol jusqu’au lendemain. Le temps que la compagnie irlandaise se décide à payer les 525 000 euros que lui réclamait depuis deux ans le syndicat mixte des aéroports de Charente, en remboursement de subventions jugées illégales par la Commission européenne.

Un véritable tournant 

Le chantage à l’emploi exercé par Ryanair sur les collectivités locales – je dessers votre aéroport si vous m’arrosez de subventions – ce chantage ne marche plus à tous les coups. 

L’image de la compagnie en sort écornée, d’autant que Ryanair a aggravé son cas la semaine dernière, sur le plan social cette fois, à cause d’une photo postée sur les réseaux sociaux : on y voit six membres d’équipage allongés sur le sol de l’aéroport de Malaga un soir d’octobre, alors qu’une tempête paralysait le trafic aérien.

A cause de cette photo dénonçant leurs conditions de travail, ces six employés ont été licenciés par Ryanair.

Pas de quoi apaiser le dialogue social. Depuis des mois, les salariés de Ryanair font grève sur grève pour obtenir de meilleures conditions salariales. Ce qui a poussé la compagnie à annuler des centaines de vols.

Ryanair peut-elle continuer de faire la sourde oreille à ces revendications ?

De moins en moins. Aujourd’hui, tous ses salariés, quel que soit le pays depuis lequel ils opèrent, possèdent un contrat de travail de droit irlandais. Un droit low cost. 

La justice européenne, la commission et maintenant cinq pays européens demandent à Ryanair d’appliquer le droit du travail local à son personnel.

La compagnie commence à céder sur ce point central : dès février prochain, elle devrait appliquer le droit belge à ses salariés en Belgique.

Est-ce la fin du low-cost dans l’aérien ?

De ses excès les plus criants, sans doute. Même si le paradoxe, c’est que toutes les compagnies aériennes ont adopté à des degrés divers les recettes du low-cost: l’offre uniformisée, la durée réduite des escales...

En attendant qu’on se rassure sur le sort de Ryanair: ce qui a lui coûté le plus cher cette année, ce ne sont pas les augmentations de salaires accordées à son personnel, mais la hausse du prix du pétrole.

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