Pendant le confinement, les hommes et les femmes ont changé leur routine: moins de parfum, moins de maquillage. Le port du masque diminue aussi l’usage de cosmétiques. La vitalité du secteur s'en ressent...

L'industrie de la comestique en temps de Covid
L'industrie de la comestique en temps de Covid © Getty / Westend61

Très nettement. Il va finir l’année avec des ventes en net recul, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Le rouge à lèvre par exemple connaît une baisse de 30%. Mais il ne faut pas dramatiser. Malgré ces changements, le secteur se porte beaucoup mieux que l’aéronautique, le transport aérien ou le tourisme. 

Et il enregistre quelques bonnes nouvelles. La vente de produits d’hygiène (les savons, désinfectants, les crèmes de soin…) progressera de 30% cette année, selon une étude de la Febea, la fédération professionnelle du secteur. Le maquillage des yeux redémarre. 

Les ventes par Internet décollent: 38%.  Mais on part d’un point bas. Les exportations baissent, mais résistent mieux que la moyenne en France, notamment grâce à un marché chinois déjà reparti. 

Et grande nouveauté: le maquillage masculin, le fond de teint par exemple, progresse, surtout en Asie, mais un peu aussi en Europe. Les hommes veulent avoir bonne mine dans les conférences Zoom. 

C’est plutôt bon signe … 

En apparence, oui. Mais derrière les moyennes, il y a une réalité très morcelée. La cosmétique en France, c’est 80% de PME.  Derrière les L’Oréal, LVMH, Chanel, Yves Rocher, Johnson & Johnson, Unilever, il y a des centaines d’entreprises familiales, qui ont vu leur endettement grimper de 60% depuis le confinement. Il y a aussi beaucoup d’inquiétude pour les distributeurs indépendants,  les salons de beauté ou de coiffure. 

Pour l’instant, les grands groupes soutiennent leurs fournisseurs. L’Oréal, LVMH ou Chanel ont donné des consignes pour que les délais de paiement soient respectés. Ils ont aussi avancé le calendrier de certaines commandes qu’ils font à l’automne, notamment celles de flacons de verre pour les parfums. 

C’est habituel cette solidarité ? 

Oui. Dans les années 90, Jean-Paul Guerlain avait organisé la Cosmetic Valley, un pôle de compétitivité, autour de Chartres et d’Orléans. Il regroupe les entreprises petites et grandes du secteur. Le Made in France compte pour elles et pour cela il faut intégrer toute une filière, de la rose de Grasse ou de Granville au fabricant d’emballages. 

Cette semaine encore, les grands groupes et les PME vont se réunir pour deux évènements. Le salon E-cosmetic 360 dédié aux innovations. Et les Etats généraux de la Cosmetic Valley. 

Ceux-ci sont organisés pour aider les PME à capter les aides du plan de relance: capitaux propres, soutien à l’export, à la recherche et développement et à la transition climatique, pour réduire la consommation d’eau dans la production. Tout sera étudié. 

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