L’OCDE, une organisation internationale dont le siège à Paris, fête aujourd’hui ses soixante ans. Depuis la crise financière de 2008-2009, l'institution s'est réveillée.

Angel Gurria, directeur actuel de l'OCDE
Angel Gurria, directeur actuel de l'OCDE © Getty / picture alliance

Après la deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis ont participé financièrement à la reconstruction de l’Europe avec le plan Marshall, en encourageant les Européens à s’organiser et à coopérer entre eux pour utiliser au mieux l’argent. 

Ca a donné naissance à l’Organisation européenne de coopération économique, qui a bien fonctionné. Si bien, qu’en 1960, dix-huit Etats européens ont signé avec les Etats-Unis et le Canada une convention pour pérenniser cette coopération et l’élargir au sein de l’OCDE, l'Organisation pour la coopération et le développement économique. 

L’idée, c’était d’évaluer les politiques des pays industrialisés pour mettre en commun les meilleures pratiques.  Au fil des années, le nombre de pays membres de l’OCDE s’est élargi : ils sont actuellement 37 et coopèrent avec une centaine d’autres. 

Concrètement, qu’est ce que l’OCDE nous apporte ? 

Deux exemples. 

  • C’est à l’OCDE que l’on doit le classement PISA, le programme international de suivi des acquis des élèves. 

On évalue le niveau des élèves de 15 ans dans 80 pays, pour comparer et améliorer les pratiques scolaires. La première fois que ce classement est sorti en 2001, l’Allemagne s’est rendu compte qu’elle était très mal placée. Ça a été un choc et le début d’une vaste réforme. 

  • Le deuxième exemple c’est la coopération fiscale. 

Après la crise financière de 2009, l’OCDE, mandatée par le G20, a fait tomber le secret bancaire suisse ou luxembourgeois en organisant l’échange automatique d’informations bancaires entre pays. Ça a rapporté 102 milliards d’euros d’impôts supplémentaires. Et maintenant elle coordonne une réforme - difficile- qui permettrait de taxer correctement les géants du numérique

L’an prochain, l’OCDE va changer de directeur général

En ce moment, c’est le mexicain Angel Gurria. Pendant son mandat, l’OCDE a commencé à essayer de penser l’économie autrement en prenant en compte d’autres critères que la croissance. Cela dit, la démarche est encore très timide, même si la crise du Covid pourrait imposer une accélération de ces travaux, notamment sur la question des inégalités et de l’environnement. 

Mais ne rêvons pas trop, car pour l’instant, les candidats en lice  pour succéder à Gurria -une dizaine au total,  parmi lesquels le canadien Bill Morneau et l’ancienne commissaire au commerce, la suédoise Cecilia Malmström- sont très libéraux.