Bien avant que le ministre de l’Economie Bruno Lemaire et la communauté internationale ne se mobilisent sur le sujet, le CNC a mis en place sa taxe. 

Une taxe qui vient de souffler sa première bougie. C’était un travail de longue haleine du Centre national du cinéma. Mais après cinq ans de bagarre, le CNC, généreux financeur du septième art a mis en place sa « taxe Google ». Elle représente 2% sur le chiffre d’affaires des plateformes de vidéo basées à l’étranger: on pense à Netflix, Amazon ou Youtube. Le produit reste symbolique : une dizaine de millions d’euros par an, pas plus. Mais le CNC a sous le coude deux puissants leviers pour transformer le ruisseau en rivière. D’abord, ce taux de 2% est appelé à se rapprocher très vite des cinq et demie pourcent appliqués au chiffre d’affaires des chaînes de télé. Et puis les Gafa soupçonnés de sous-estimer largement leur activité en France ont des marges de croissance gigantesques sur ce marché de vidéo à la demande. 

A quoi va servir l'argent de cette taxe? 

La mécanique du CNC est de plus en plus critiquée. L’an dernier sur les 222 films d’initiative française soutenus par le CNC, seuls 33 ont franchit la barre des 500 000 entrées. Neuf films sur dix ne sont pas rentables. A l'inverse, entre les crédits d’impôt et les aides directes, l’inoubliable Alad’2 avec Kev Adams et Jamel Debouze a comblé un tiers de son budget de 22 millions d’euros. Le film a cartonné, mais est-ce le rôle de la puissance publique de financer ce genre de chose. C’est le député LREM Joël Giraud, rapporteur de la Commission des finances qui pose la question, et il n’est pas le seul à s’interroger.   

A qui va profiter de cette taxe Google du cinéma ? 

Côté CNC, on ne tient pas plus que ça à gérer la mêlée générale que provoquerait cet afflux d’argent. Avec 675 millions d’euros par an, le cinéma est très largement soutenu. Si ses moyens augmentaient, l’organisme pourrait alléger les taxes sur les chaînes de télé et les fournisseurs d’accès Internet. Et l’Etat s’intéresse de près à cette cash machine. Il n’a pas hésité à y prélever plus de 200 millions ces cinq dernières années.  A Bercy, on peut se montrer bien plus créatif qu’un scénariste de Serie B.

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