La nouvelle n’a pas fait les gros titres, pourtant, dans un communiqué laconique, la Commission de régulation de l’énergie nous a appris vendredi que la France a failli connaître une panne électrique géante.

La France n'a jamais connu de black-out, mais des pannes géantes
La France n'a jamais connu de black-out, mais des pannes géantes © AFP / Jeff Pachoud

La veille, à 21 heures, lit-on dans le communiqué du Réseau de transport d'électricité, la fréquence du système électrique a chuté, ce qui aurait pu entraîner « des coupures électriques, voire un black-out », c’est-à-dire une panne générale. Quatre jours après, on n’en sait toujours pas ce qui s'est passé. Une enquête a été lancée au niveau européen. La seule certitude pour l’instant est que l’origine de l’incident ne se trouve pas en France mais chez l’un de nos voisins avec lequel le réseau français est interconnecté. 

Comment a-t-on évité chez nous une défaillance du système électrique ?  

Jeudi 10 janvier, à 21h02 précisément, RTE a demandé à des industriels, gourmands en électricité, les aciéries, les raffineries, les cimenteries, de réduire immédiatement leur consommation. Sinon, il aurait fallu demander aux Français d’économiser l’électricité ou planifier une baisse générale de tension générale. Au pire, c’est-à-dire en cas de risque de black-out, on passerait au plan d’urgence, à savoir des coupures massives avec des régions entières plongées à tour de rôle dans le noir. 

La France n'a jamais connu de black-out, mais des pannes géantes 

En décembre 1978, l’hiver était particulièrement rigoureux, et une grande partie du Nord de la France a été privée d’électricité pendant des heures: trains, métros, ascenseurs, tout s’était arrêté. Exactement comme à New York, un an auparavant, qui a connu deux jours de cauchemar avec des scènes de panique et de pillages. Chez nous, les pannes les plus graves ont eu lieu fin 1999 avec la tempête qui a détruit des milliers de pylônes et en novembre 2006. L’arrêt d’une ligne à haute tension dans le nord de l’Allemagne avait alors fait s’écrouler le réseau européen comme un château de carte, privant 15 millions de personnes de courant. 

Quelle leçon faut-il tirer de cet épisode ?  

La première est que le système électrique est fragile. D’ailleurs RTE a mis le réseau français sous surveillance jusqu’à la fin février. La deuxième leçon, c’est que pour renforcer notre sécurité d’approvisionnement, la meilleure solution est d’aller plus loin dans les économies d’énergie.  La troisième leçon est que pour assurer l’alimentation de l’ouest de la France, il faut maintenir en activité la centrale à charbon de Cordemais, près de Nantes. Une leçon au goût amer pour François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, qui s’était engagé à sortir la France du charbon d’ici à 2022.

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