Le Premier ministre a demandé à Sophie Bellon, la présidente du groupe Sodexo, de lui faire des propositions pour améliorer l’emploi des seniors. Ils lui remettront leur rapport ce matin et, dans la foulée, Muriel Pénicaud, la ministre du travail, réunira les partenaires sociaux. Il est temps de s’occuper de ce sujet !

Un senior sur cinq connait un passage en inactivité (c’est-à-dire sans sans chômage ni retraite)
Un senior sur cinq connait un passage en inactivité (c’est-à-dire sans sans chômage ni retraite) © Getty / FG Trade

Il est plus que temps, et il n’y a pas que la CGT qui le dit

Le sénateur Les Républicains René-Paul Savary, qui a fait un rapport à l’automne sur ce sujet, se demandait déjà comment retarder le départ à la retraite, alors que “44% des Français ne travaillent plus au-delà de 55 ans”.

La semaine dernière la ministre du travail Muriel Pénicaud a fait une séance de diagnostic avec les organisations syndicales. Pour une fois tout le monde tombe d’accord. Le taux d’emploi est devenu correct pour les 55-60 ans, mais on constate un pic de licenciements et de ruptures conventionnelles autour de 60 ans et des durées au chômage plus longues.

Le taux d’emploi est donc beaucoup moins bon pour les 60-64 ans, même s’il s’améliore. Muriel Pénicaud est convaincue qu’en partant plus tard à la retraite, on l'améliorera encore. Sur ce point-là, tout le monde n’est pas d’accord...

La ministre veut croire au verre à moitié plein, mais un groupe de statisticiens de son ministère, proche de la CGT, le montre à moitié vide.

Exemple : parmi les seniors inscrits à Pole emploi en décembre 2016, les trois quarts étaient encore au chômage dix-huit mois plus tard. Et un sur cinq connait un passage en inactivité, c’est-à-dire sans sans chômage ni retraite, complètement découragés.

Autre point important : les seniors sont deux fois plus nombreux que les 30-54 ans à être à temps partiels pour raison de santé. Cela risque d’être plus pénalisant dans un régime à points que dans un régime avec un calcul sur les 25 meilleures années.

Alors que peut-on faire ?

Développer les mécanismes de retraite progressive en les simplifiant. Aujourd’hui, seules 18 000 personnes les utilisent. On parle aussi de faciliter les reconversions professionnelles pour les métiers éprouvants ou de formation renforcée pour les demandeurs d’emploi seniors.

Mais surtout, il faut changer les mentalités. Au Medef, on cite en exemple le Crédit mutuel. Alors tout n’est pas parfait, prévient son directeur général, Nicolas Théry. Mais il y a tout de même un consensus interne qui fait que l’âge n’y est pas un sujet et, surtout, qu’il n’empêche pas de progresser.

Les femmes quinquas sont encouragées à reprendre une formation de six mois pour devenir directrices de caisse et rattraper leur retard de carrière. Notez que cette banque n’a pas eu de plan social et n’a donc pas poussé les anciens vers la sortie. Ça change tout

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