Side, StudentPop, Staff Me, Brigad... Le phénomène est en plein essor chez les 18-25 ans : ils seraient au bas mot des dizaines de milliers à avoir déjà réalisé au moins une mission.

Beaucoup d’étudiants ont déjà terminé leurs partiels de fin d’année et cherchent un petit job. Fini le bon vieux temps où il fallait distribuer ses CV dans les commerces ou laisser une petite annonce avec des papillons à détacher pour le numéro de téléphone. Aujourd’hui, il suffit de télécharger une appli comme celle de Side, StudentPop, Staff Me ou Brigad pour trouver une mission de vendeur, réceptionniste, serveur ou manutentionnaire pour quelques heures ou quelques jours.

C’est attractif pour les étudiants ?

Oui, ces applis répondent à un réel besoin. Elles permettent aux étudiants de décrocher des jobs qui n’empiètent pas sur leurs cours ou leurs révisions. 

Actuellement, plus d’un étudiant sur deux n’a pas de petit boulot durant son année universitaire, soit parce qu’ils n’en ont pas trouvé, soit parce que ça n’est pas compatible avec leurs horaires. 

Le modèle semble donc promis à un bel avenir, d’autant qu’il paie pas mal pour des boulots étudiants : de 11 à 17 euros de l’heure. Ces plateformes revendiquent aussi le fait d’être une véritable porte d’entrée pour les jeunes sur le marché du travail.

Le revers de la médaille, c’est que ces étudiants n’ont pas de contrat de travail, mais ils sont autoentrepreneurs

Donc pas de règles du code du travail, pas de droits pour la retraite, pas d’indemnisation en cas de chômage ou d’accident du travail.

Et si la rémunération est si attractive, c’est que les autoentrepreneurs paient très peu de cotisations sociales durant les trois premières années de leur exercice. Ce qui fait dire à certains que le modèle repose sur une niche fiscale… Au ministère du travail, on se dit vigilant sur les dérives, mais concrètement, on ne fait rien.

C’est surtout du côté des agences d’intérim que ça coince. Pour elles, un vendeur ou un livreur, c’est forcément un salarié. Ces applis leur font donc une concurrence déloyale. La société d’intérim Staffmatch a assigné Brigad en référé devant le tribunal de commerce. Elle a été déboutée en première instance et en appel, mais elle s’est pourvue en cassation. Comme avec les chauffeurs d’Uber qui demandent à être considérés comme des salariés à part entière, ce nouvel épisode de l_’ubérisation de_vrait se régler devant les tribunaux. 

Pour le moment, ce risque juridique n’a pas l’air d’inquiéter les investisseurs, puisque Brigad vient de lever six millions d’euros. 

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