Après des semaines de hausse et en pleine mobilisation des gilets jaunes, les prix des carburants commencent enfin à baisser. Mais n'allons pas jouer les Cassandre. L’évolution des cours du pétrole n’est pas une science exacte.

Prix du carburant : la baisse ne va pas durer
Prix du carburant : la baisse ne va pas durer © Getty / MATJAZ SLANIC

Personne n’avait envisagé il y a 5 ans que le baril pourrait grimper aussi vite à 140 dollars (soit au passage deux fois le prix actuel). Donc prudence, prudence. Cela dit, il y a quelques signes qui ne sont pas franchement de bon augure pour les automobilistes. 

L’Arabie saoudite, poids lourd de l’or noir au Moyen-Orient, a annoncé le week-end dernier, une baisse de production de 500 000 barils par jour pour soutenir les cours du pétrole qui ont reculé de 20% depuis début octobre. Ensuite, l’embargo sur l’Iran n’est pas un bon signe non plus, même s’il a été largement assoupli, puisque Donald Trump autorise huit pays dont la Chine et l’Inde à acheter de l’or noir auprès de Téhéran. Ces deux mesures ne sont pas de nature à rassurer les consommateurs.

Est ce que ça signifie que les prix vont augmenter sur le long terme ?

L’offre de pétrole est actuellement supérieure à la demande. C’est de nature à limiter les risques d’une flambée des prix. Mais il y a un hic de taille : ça ne devrait pas durer. Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie publié lundi, le monde va vers une pénurie d’or noir d’ici 2025. Car contrairement à une idée fort répandue, la consommation de pétrole n’est pas près de ralentir. Selon les estimations, il faudra chaque année ajouter 1 million de baril de plus par jour sur le marché, soit l’équivalent d’un tiers de la production de l’Iran. C’est beaucoup et cela va être difficile, car depuis la chute du baril il y a 4 ans, les compagnies ont fortement réduit leurs investissements en exploration et en production. Et à long terme, ce n’est pas plus encourageant : la demande de pétrole grimpera de 12% d’ici à 2040 toujours selon l’AIE.  

Pourquoi la demande pétrole augmente alors que l’on nous parle de voiture électrique, de recyclage et de décroissance ?

Il est prévu que la consommation de carburants plafonne dans les années 2020 grâce à la voiture électrique. C’est donc plutôt positif. Mais dans le même temps, celle des camions par exemple va fortement grimper dans les pays en développement. Sans même parler de la pétrochimie à l’origine des plastiques, des engrais, des cosmétiques, et de bien d’autres produits présents dans nos vies. Pour absorber la seule croissance de la demande de cette industrie, les pétroliers devront ajouter l’équivalent de deux fois la production de l’Iran d’ici à 20 ans ! Autant dire que ceux qui n’ont pas de pétrole devront avoir des idées ou à défaut de l’argent pendant de très nombreuses années.

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