En France, un demi-million de personnes cumulent emploi et retraite. Un retraité sur six travaille ou a travaillé. Qu’est-ce qui les caractérise ?

Les "persistants", ces personnes âgées qui continuent de travailler
Les "persistants", ces personnes âgées qui continuent de travailler © Getty / Angela Demi / EyeEm

Ces retraités qui travaillent, les assureurs les appellent les “persistants”. Et ils sont de plus en plus nombreux. Officiellement un sur six, mais ce chiffre ne prend pas en compte le travail au noir.

Parmi ces persistants, on distingue deux catégories

Ceux qui aiment tellement leur boulot et sont tant demandés qu’ils n’arrivent pas à décrocher : ils sont psychiatres, traducteurs, informaticiens... Ce sont surtout des hommes, plutôt aisés.

La deuxième catégorie regroupe tous ceux et celles dont la retraite n’est pas suffisante. Le travail est donc une question de survie financière. Là on trouve énormément de femmes, plutôt employées ou ouvrières. Une sur trois travaille à des tâches ménagères chez un particulier. 

Lesquels sont les plus nombreux ? 

Pour la CGT, qui rappelle que la retraite moyenne est de 1400 euros net par mois, la plupart des persistants n’ont pas le choix. Ils travaillent par nécessité. 

L'Obs est allé à leur rencontre en Occitanie (Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon), où ces dix dernières années le nombre de “persistants” a augmenté de moitié. 

On assiste à des situations à l’américaine, avec, près de Béziers, des retraités vivant au camping qui font les marchés ou prennent des emplois saisonniers pour boucler leurs fins de mois, bien après 65 ans. Ils ont une calculette dans la tête pour tenir compte des règles de cumul emploi retraite. 

La réforme que prépare Emmanuel Macron pourrait-elle améliorer leur situation ? 

Pas la leur directement. Mais celle des femmes et hommes qui travaillent en ce moment et qui ont eu ou auront une carrière hachée. Jean-Paul Delevoye assure que le nouveau système leur sera plus favorable. Il propose aussi que les retraités qui travaillent - et donc paient des cotisations - acquièrent de nouveaux droits pour améliorer leur pension, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.  

Mais les Français, eux, sont loin d’entrer dans ces détails. Pour eux, l’âge idéal de la retraite est toujours de 60 ans, éventuellement avec une petite activité. Il me semble qu’ils croient encore au Père Noël.

C’est donc la Une de L’Obs cette semaine : “Par choix ou par nécessité, travailler après la retraite”. 

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