De quel monde voulons-nous pour demain ? A quoi rêvons-nous ? Nos utopies font l’objet d’une étude dévoilée ce matin.

Un avenir solidaire, c'est ce dont rêvent les Français
Un avenir solidaire, c'est ce dont rêvent les Français © Getty / Hero Images

Nos rêves vont mal

L’avenir que nous imaginons est dystopique, comme dans ces séries que nous aimons tant, Black Mirror, la Servante écarlate ou Years and Years. Plus d’un Français sur deux (53%) est convaincu que que la vie de ses enfants et petits-enfants sera "pire" que la sienne. Moins d’un sur dix table sur l’idée qu’elle sera meilleure. 

C’est ce qui ressort des premiers résultats publiés par l’Observatoire des perspectives utopiques. Il est piloté par Philippe Moati, un économiste spécialiste de la consommation, ancien du Credoc, prof à l'Université Paris-Diderot et fondateur de la société d’études L’ObSoCo.   

Pourquoi cette vision noire, cette peur de l’avenir ?

Selon cette étude, nous avons cessé de croire à la dynamique continue du progrès économique, social et politique. Les entreprises sont en partie responsables. Les Français interrogés, rejettent massivement - à 85% quand même - la façon dont la vie économique est organisée. Ils voudraient que la stratégie des groupes soient définie par un collectif : les actionnaires, puisqu’ils mettent l’argent, mais aussi les salariés, les pouvoirs publics, les représentants des consommateurs…   

Ils dénoncent la surconsommation à laquelle elles nous poussent, prônent le respect de la nature, qui arrive en tête des valeurs, juste devant la solidarité et l’égalité. La liberté, la foi dans le progrès ou la réussite sont très loin derrière. Cette enquête (menée auprès de 2000 Français) permet de dessiner trois modèles utopiques qui peuvent rendre l’avenir plus désirable à leurs yeux.  

Les trois modèles utopiques

Le premier, c’est l’utopie écologique, qui attirerait 55% des personnes interrogées. Quelques mots la résument : équilibre, sobriété, proximité, faire soi-même, “moins mais mieux”…  

Le deuxième, c’est l’utopie sécuritaire, qui plaît à tous les nostalgiques, les adeptes du “c’était mieux avant”, ceux qui ont peur des influences étrangères. C’est 30% des sondés.   

Quant au troisième, l’utopie techno-libérale, c’est un monde où l’on croit au progrès technologique, à l’innovation, à l’initiative individuelle, à la concurrence pour résoudre les problèmes, et bien ce modèle ne tente que 15% des Français. J’ai bien dit 15%, donc une minorité de personnes.  

Vous l’aurez compris, des trois modèles, celui de l’utopie techno libérale est celui qui ressemble le plus au capitalisme libéral actuel et… au macronisme. Pour durer, le capitalisme comme le macronisme vont devoir se transformer. C’est un vrai défi. Cela a commencé, mais on n’a sans doute encore rien vu.

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