Alors que les députés viennent tout juste d’autoriser la privatisation des Aéroports de Paris, Emmanuel Macron s’apprête à donner son feu vert à une renationalisation partielle d’EDF…

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EDF © AFP / ALAIN JOCARD

D’après nos informations EDF, privatisée en 2004 sous Jean-Pierre Raffarin, va faire un sacré bond retour. A la demande du gouvernement, EDF a en effet mandaté plusieurs banques comme Société Générale, JP Morgan ou UBS pour plancher sur un projet de scission du groupe. 

Nom de code de l’opération : Hercule

Il s’agit de séparer les activités nucléaires, logées dans une entité publique, des filiales commerciales qui ont vocation à s’ouvrir à des investisseurs privés. Il y a au moins trois bonnes raisons à cette renationalisation partielle d’EDF. 

  • Primo, c’est une idée à laquelle tient Emmanuel Macron. Il considère que le nucléaire est du domaine régalien. 
  • Deuxio, les comptes d’EDF sont plombés par une dette abyssale – 37 milliards d’euros – et il faudra investir 100 milliards d’ici à 2030 pour moderniser le parc nucléaire. Sans compter les milliards à mettre de côté pour traiter le problème des déchets radioactifs. Bref, le nucléaire – on le voit avec les dérives du chantier de l’EPR – est une activité à haut risques financiers qu’il est urgent de cantonner dans une structure publique pour éviter de contaminer la partie privatisable.
  • Tertio, comme pour la SNCF, cette réorganisation va dans le sens de ce que demande Bruxelles. 

Le projet de scission d’EDF : un nouveau front pour Emmanuel Macron ?  

On verra les réactions politiques. Je vois mal la gauche monter au créneau contre une renationalisation. Et la droite, qui conteste la privatisation d’ADP, pourrait bien être gênée aux entournures. Ce qui est sûr, c’est que, côté syndical, les grandes manœuvres ont déjà commencé. Le 20 juin, une première table-ronde est prévue avec la direction d’EDF pour négocier le maintien du statut des personnels.  

Le gouvernement, comme le patron d’EDF, Jean-Bernard Lévy, veulent aller vite. Dès le 28 mai, deux jours après les élections européennes, le projet sera soumis au Conseil d’administration et présenté le 20 juin aux syndicats. Bruxelles devrait être saisi du dossier en 2020 pour une renationalisation partielle d’EDF en 2021, si tout se passe comme prévu.

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