Pour lutter contre la fracture numérique, le gouvernement a décidé de recruter 4000 conseillers numériques. Hier, le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O était dans l’Allier. Il a promis 20 conseillers à ce département.

C’est un des effets inattendus de cette pandémie. En trois ans, le budget consacré par l’Etat à la lutte contre l’exclusion numérique sera passé de 350 000 euros à 250 millions d’euros (sur deux ans). Ce n’est pas un problème mineur: il concerne 12 milllions de Français - plus d'un sur six - et Cédric O pense qu’il peut être résolu pour la moitié d’entre eux. Il veut donc doubler le nombre de médiateurs numériques, qui passeraient de 4000 à 8000. 

Au moment où il n’y a pas d’autres choix que d’aller sur Internet pour faire des démarches administratives, suivre la scolarité de son enfant, acheter certains biens, il y a urgence à essayer de trouver des solutions. 

Ca passe d’abord par une bonne couverture Internet sur tout le territoire, non ? 

C’est vrai et d’ailleurs hier à Molles dans l’Allier, Cédric O et Joël Giraud, le secrétaire d’Etat à la ruralité ont inauguré un pylône 4G. Personne ne se plaignait des ondes ou de la future 5G: le maire se félicitait plutôt de pouvoir garder des habitants sur sa commune et les agriculteurs de pouvoir enfin envoyer facilement leurs dossiers PAC. 

Mais l’infrastructure ne fait pas tout et n’amène pas le numérique aux personnes les plus réfractaires. Pour cela il faut de l’humain. D’où l’idée de recruter 4000 conseillers. 

Les candidats peuvent postuler sur la plateforme Conseiller numérique.  Et les collectivités locales ou les associations, qui veulent recruter ce type de médiateur, peuvent y faire connaître leurs besoins. 

Et alors il y a beaucoup de demandes ? 

9000 CV de candidature ont déjà été déposés. Et 900 collectivités, administration et associations se sont manifestées. Pour être sélectionnés, les candidats devront réussir le test PIX mis au point pour évaluer les compétences numériques, avec un bon niveau. L’Etat subventionnera leur salaire au niveau du Smic pendant deux ans. Ils seront formés (jusqu’à 350 heures, pour ne pas reproduire l’erreur des emplois aidés) avant d’aller en renfort sur le terrain où ils sont attendus. 

Dans l’Allier, par exemple, un camion-bus aménagé en espace numérique, avec une imprimante 3D, essaie déjà de passer au moins une fois par mois dans toutes les communes qui n’ont pas de maison France Service ou de services publics, pour dépanner les gens et les former. 

Des tiers lieux s’organisent aussi comme le Mazier à Bourbon l’Archambault. Des agriculteurs à la retraite y ont trouvé de l’aide pour vendre en ligne du matériel qu’ils n’utilisent plus. Même la gendarmerie a créé une “Brigade numérique des aînés” pour conseiller les personnes âgées - très nombreuses dans ce département- souvent victimes d’escroquerie en ligne.