Emmanuel Macron se rendra demain à Marcy-L’Etoile, dans le Rhône, chez Sanofi, pour visiter une des plus grandes usines de vaccins du monde. Pour rassurer les français sur l'accès au vaccin contre le Covid, mais aussi pour montrer qu'il veut encoruager les relocalisations.

Objectif relocalisation pour l'industrie pharmaceutique
Objectif relocalisation pour l'industrie pharmaceutique © Getty / Monty Rakusen

Il veut nous rassurer. Le directeur général de Sanofi a fait il y a quelques semaines une déclaration qui laissait penser que les citoyens américains auraient accès au vaccin contre le Covid-19 avant les Européens, parce que les Etats-Unis étaient mieux organisés pour le financement de la recherche et le pré-financement de la production. Tout de suite Edouard Philippe et le ministre de la santé Olivier Véran ont corrigé le tir en expliquant que, dès qu’il serait au point, le vaccin serait accessible à tous. 

Et depuis l’Europe s’est mobilisée: quatre pays - la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie -  ont formé l’”Alliance inclusive”, qui a déjà pré-commandé 400 millions de doses de vaccins à un autre groupe, AstraZeneca, un groupe britannico-suédois qui travaille avec un laboratoire d’Oxford. En contrepartie de ce pré-financement, le groupe s’engage à ne pas faire de bénéfice sur le vaccin. Demain, Emmanuel Macron va donc mettre tout ça en images. 

Mais pourquoi aller chez Sanofi si c’est à AstraZeneca qu’on achète le vaccin? 

Parce que Sanofi est aussi dans la course. Même s’il est un peu moins avancé, il espère être aussi retenu par l’Alliance, qui va s’appuyer sur plusieurs fournisseurs. Or Sanofi a d’importantes capacités de production en France. Emmanuel Macron veut donc montrer que la recherche et les usines pharmaceutiques sont stratégiques. 

Pas seulement en ce qui concerne les vaccins d’ailleurs. Il veut obtenir des relocalisations dans toute la filière. L’Europe importe 80% des principes actifs nécessaires à la fabrication de ses médicaments. Cela ne paraît plus acceptable. 

Sanofi est justement un gros producteur de ces principes actifs. Il a en projet de filialiser cette activité, pour vendre une partie du capital. Il faut s’assurer qu’il s’agit bien d’un projet de développement, avec un souci d’indépendance européenne. 

Et comment se porte l’industrie pharmaceutique en France ? 

Nos champions vont bien et notre excédent commercial aussi: plus de 8 milliards d’euros, ça c’est plutôt positif. C’est aussi un gros employeur, notamment de chercheurs. 

Mais il y a aussi beaucoup de signaux inquiétants. Par exemple, sur les 250 nouveaux médicaments mis au point en Europe entre 2016 et 2018, seuls une vingtaine l’ont été en France, contre 46 en Angleterre ou 36 en Allemagne.  Nos bons résultats à l’export masquent aussi la chute vertigineuse de notre part de marché mondiale. 

Il est donc plus que temps de faire le bon diagnostic...

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