La pandémie de Covid a quelques côtés positifs: elle a réveillé les investisseurs en France, qui se bousculent pour investir dans les biotechnologies et la pharma. Médecin et financière, Rafaèle Tordjman en fait profiter les start up.

Rafaèle Tordjman
Rafaèle Tordjman © Maud Bernos/Tilder

Et ça me donne l’occasion de vous raconter une belle histoire ce matin : celle de Rafaèle Tordjman, médecin, qui a travaillé comme hémato-cancérologue - contre les leucémies- , puis comme chercheuse à l’Inserm, avant de basculer du côté de la finance. 

Elle a travaillé plusieurs années pour le fonds d’investissement Sofinnova, avant de créer le sien, Jeito Capital. Jeito en référence au brésilien, “on va trouver un chemin”. 

Elle a commencé à rencontrer les investisseurs au moment où l’épidémie de Covid a démarré. Elle prend donc plus de temps que prévu pour terminer son tour de table, mais au final, elle devrait avoir plus de 500 millions d’euros à placer, le double de ce qu’elle espérait. 

Et qu’est ce qu’elle fait avec cet argent ? 

Elle investit dans des jeunes entreprises de biotechnologie ou de pharma créées par des chercheurs, comme elle, qui ont fait une découverte qu’ils pensent pouvoir transformer en traitement. Il y a dix ans, 45% des nouveaux médicaments venaient de ces “start up”, aujourd’hui, c’est 70%. C’est comme cela que Moderna ou BioNTech, alliée avec Pfizer, ont doublé Sanofi sur le vaccin contre le Covid. 

Aujourd’hui Rafaèle Tordjman annonce un nouvel investissement, le cinquième pour Jeito : 55 millions d’euros dans la société suisse Alentis qui veut soigner les fibroses hépatiques - comme les cirrhoses du foie - de plus en plus fréquentes avec le diabète ou la maladie du soda. Alentis a été créée par le professeur Thomas Baumert, directeur de l’institut des maladies virales et hépatiques de l’Inserm de Strasbourg

Vous nous disiez hier qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes dans le milieu de la technologie en France… 

Rafaèle Tordjman fait partie des exceptions. Elle rappelle que dans les familles 80% des décisions de santé sont prises par des femmes.

Et elles sont de fait plutôt mieux représentées dans les biotechnologies que dans l’informatique. 

Jeito Capital a d’ailleurs investi dans une entreprise spécialisée dans les maladies rares du squelette InnoSkel, basée à Sophia Antipolis. Elle a été créée par Elvire Gouze. C’est sa deuxième entreprise. Elle a revendu la première à Pfizer.

Et point intéressant, le Dr Gouze vient de convaincre un scientifique français, David Favre, exilé depuis 20 ans aux Etats-Unis, de revenir travailler en France avec elle. Et des talents comme lui, Rafaèle Tordjman en a beaucoup d’autres dans son radar. 

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