Uber est entré en bourse. Ses premiers pas à Wall Street ne sont pas fameux.

La société de VTC Uber est rentré en bourse hier
La société de VTC Uber est rentré en bourse hier © AFP / Johannes EISELE

C’est le moins que l’on puisse dire. Malgré un net rebond hier, en trois séances, la célèbre appli de réservation de VTC a perdu plus de 11% de sa valeur boursière. Soit une petite dizaine de milliards de dollars. 

La déception est à la mesure des attentes. Il y a deux mois, les banquiers d’affaires pariaient sur une valorisation de 120 milliards de dollars. Or vendredi dernier, Uber a été introduit en Bourse à une valeur de 75 milliards. Et hier soir alors qu’elle s’est redressée, elle valait à peine plus de 66 milliards de dollars, soit environ la moitié des estimations stratosphériques de départ.

Avouons que c’est une correction sévère pour cette jeune société qui incarne, au même titre que les Gafa, la révolution technologique. Uber, rappelons-le, est à l’origine du verbe "ubériser", qui signifie pour une entreprise installée : le risque de perdre son marché au profit d’une start-up venue de nulle part. 

Les taxis en savent quelque chose. Avec une simple application, Uber a capté une grande partie de leur activité.

Comment expliquer cette baisse plutôt inattendue du cours de Bourse ?

Depuis quelques jours, les analystes et les investisseurs cherchent des explications.

Ils pointent les conditions de marché qui n’ont pas été fameuses. Rappelons qu'Uber s’est introduit le jour ou Donald Trump a durci sa guerre commerciale avec la Chine, un événement qui a déprimé les Bourses internationales.

D’autres rappellent que Lyft, le petit concurrent d’Uber entré en bourse en mars dernier, a perdu près de 40% de sa valeur, ce qui exprime la réserve des investisseurs à l’égard de ces sociétés.

Certains s’interrogent aussi sur la capacité de la société à devenir rentable alors que la guerre des prix fait rage sur tous les marchés sur lesquels elle opère, que les investissements à venir sont colossaux, et que les conflits avec les chauffeurs ne faiblissent pas. Aux Etats-Unis, 600 00 chauffeurs sont en conflit avec Uber et ont engagé des demandes d’arbitrage. Ces demandes pourraient coûter des dizaines, voire des centaines de millions de dollars à la société. 

Croyez-vous au rebond de l’action?

Tout est possible (hier l’action a repris plus de 7% ) et tout pourrait changer très vite. Il y a 7 ans, l’action Facebook perdait 20% après sa première semaine de cotation, soit une vingtaine de milliards volatilisés.

Depuis sa valeur a explosé. Le premier réseau social au monde vaut plus de 500 milliards de dollars malgré les critiques, les fake news et l’affaire Cambridge Analytica.

Si Uber parvient à bâtir la plus grande plateforme du transport de la planète et à dégager de solides bénéfices, la société californienne deviendra une star de la Bourse et ses déboires seront oubliés. Il faudra alors ajouter un U majuscule au célèbre acronyme Gafam ! 

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