Il y a tout juste un an, une trentaine de nourrissons étaient victimes d’une grave intoxication alimentaire, une affaire qui a fait grand bruit. Le responsable: Lactalis, le géant du lait.

Challenges a rencontré Emmanuel Besnier et visiblement, lui, n’a pas perdu l’appétit. Non, il fait ses courses avant Noël, Emmanuel Besnier. Évidemment, pas les mêmes que vous et moi. Il vient de s’offrir un sympathique fabriquant de fromages canadiens, une société sud-africaine de lait infantile et une grosse boite américaine de yaourts bio. Total des courses : 2 milliards 600 millions d’euros. Une paille pour ce patron qui réussit l’exploit de rester inconnu du grand public alors qu'il fabrique l'une des stars de nos supermarchés, aussi célèbres que le camembert Président. Personne ne sait qu’il rémunère chaque mois 80 000 salariés dans le monde, la population de Castres ou St Malo. En réalité, tout irait très bien pour ce Français devenu le leader mondial du lait sans l’affaire des enfants intoxiqués l’an dernier. Ils sont aujourd'hui hors de danger mais l’affaire continue d’empoisonner Emmanuel Besnier.  

Où en sont les procédures qui avaient été lancées ?

Pas de décision judiciaire, on en est encore au stade de l’instruction. Mais le groupe a été contraint d’arrêter six mois son usine de Craon-en-Mayenne. Et les nuages s’amoncellent : des associations accusent une usine Lactalis de l’Isère de polluer un cours d’eau. Le ministère public vient de requérir 500 000 euros d’amende. Jusqu’ici cet homme au costume gris, cheveux blancs, physique un peu passe-partout avait réussi à développer discrètement la petite entreprise normande créée par son grand-père. Ces scandales forcent ce grand timide à communiquer.  

Comment réagit-il aujourd’hui ?   

Les journalistes de Challenges l’ont fait sortir de son terrier comme des furets !  Face à eux dans un café parisien, Emmanuel Besnier murmure plus qu’il ne parle, il faut le faire répéter pour entendre ce qu’il a voulu dire… Régulièrement, son directeur de la communication doit finir ses phrases.  Il garde les bras croisés, met une main devant sa bouche. On est loin des bateleurs de l’écran façon Bernard Tapie ou un certain Donald Trump quand il animait des émissions. Seul point commun, Besnier lui aussi dénonce une tempête médiatique. Il rappelle qu’il s’est excusé à de nombreuses reprises. Ses affaires restent florissantes, mais c’est certain que l’adage pour vivre heureux vivons caché, pour lui, c’est fini !

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