Philippe Guillemot dirige le groupe de restauration collective Elior, 110 000 salariés dans six pays. On le suit, dans son confinement, en gestion de crise, de la mise en quarantaine de Codogno à la mobilisation de la start up Andjaro.

Journal du confinement du patron d'Elior, la multinationale spécialisée dans la restauration collective
Journal du confinement du patron d'Elior, la multinationale spécialisée dans la restauration collective © AFP / ERIC PIERMONT

Dès janvier, Philippe Guillemot s’est montré très attentif au Covid. Elior n’a pas de salariés en Chine, donc pas d'inquiétude de ce côté là, mais le directeur général se souvenait d’un autre virus, celui de la grippe porcine, qui avait fait monter le prix des denrées alimentaires en 2009. C’est ça qui l’inquétait. 

Il n’avait pas tort. Le prix du riz, par exemple, a grimpé de plus 30% pour le riz depuis le début de l’année. Et le blé est aussi en forte hausse. 

Et puis très vite, le Covid-19 s’est rapproché. Elior est numéro un de la restauration d’entreprise en Italie. Et il y gère la restauration de l’hôpital de Codogno. Codogno, au sud de Milan, c’est l’épicentre de l’épidémie, la première ville placée en quarantaine. C’était le 22 février. 

On peut dire qu’il était aux premières loges. La gestion de crise, cela se traduit comment pour le groupe ? 

D’un côté dans les hôpitaux, comme à Codogno, il faut gérer le pic d’activité. De l’autre, il faut arrêter tous les moteurs - ceux des restaurants scolaires ou des restaurants d’entreprise- “sans se crasher”. 

Et puis il faut  compter et recompter ses stocks de blouses, de masques et de charlottes. Et batailler pour en recommander. 

La gestion de crise, c’est aussi s’assurer que les finances vont tenir avec moins de rentrées d’argent. Là il n’est pas interdit d’avoir de la chance ou du pif. C’est le cas d’Elior qui a vendu l’an dernier son activité de restauration dans les aéroports, les gares et sur les aires d’autoroutes. Le groupe s’est désendetté. Calendrier parfait. 

Et depuis la crise, Elior travaille avec une start up française, Andjaro, qui propose un service très utile. 

Oui, Andjaro c’est une entreprise qui organise l’intérim à l’intérieur des grands groupes. Elle permet aux salariés de repérer des missions qui les intéressent et de se porter volontaire. 

En temps de Covid, Andjaro calcule les temps de trajet et trouve le détachement idéal pour un salarié dont le site s’arrête. Il peut alors intervenir en soutien dans un restaurant d’hôpital débordé. Cela permet de limiter le chômage partiel. Mais ça permet aussi à ceux qui le veulent de se mobiliser, de se sentir utile, de rejoindre pour un temps les héros qui nous soignent. 

Vous en saurez plus en lisant l’article de Clément Lacombe  dans L’Obs cette semaine ou sur le site Internet. Et qu’y a-t-il à la Une du magazine ? 

“Ce qui marche ailleurs”. Nous sommes allés voir comment l’Allemagne, le Danemark et d’autres pays luttent contre le virus. 

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