À quoi aurait ressemblé la fin de l’année si Emmanuel Macron avait pris le temps nécessaire pour mettre au point sa réforme des retraites ? Ou si cette réforme n’avait pas existé ? Imaginons la fin de l’année sans la réforme des retraites...

La réforme de trop. Imaginons la fin de l’année sans la réforme des retraites.
La réforme de trop. Imaginons la fin de l’année sans la réforme des retraites. © AFP / THOMAS SAMSON / POOL

Ce serait incroyablement différent !

Avant le début du mouvement de grève, la confiance des ménages dans l’économie, un indicateur que l’INSEE mesure chaque mois, était en hausse pour le onzième mois consécutif. On était parti pour retrouver le niveau de juin 2017, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, un bref moment d’euphorie.   

Sans cette réforme, on serait aussi en train de parler des chiffres de création d’emplois. L’INSEE a noté une progression de 1% sur un an, ce qui signifie que l’économie a créé 260 000 postes. Même l’industrie est en positif.   

On parlerait peut-être des hausses de salaires aussi. Il y en a. L’Acoss, qui collecte nos cotisations, a noté que le salaire moyen a augmenté de 2,3% sur un an, c’est-à-dire plus que les prix, qui ne progressent que de 0,8%. 

Les impôts baissent aussi 

Tout mis bout à bout, à la fin du troisième trimestre, le pouvoir d’achat par tête était en hausse de 1,4% et il restait encore un trimestre à venir, avec peut-être des primes de fin d’année…  

On ferait aussi le bilan de la “start up nation”. Eh bien cette année, les jeunes entreprises françaises ont réussi à lever deux fois plus de capital que l’an dernier.   

Le gouvernement aurait pu aussi montrer qu’il taxe les plus aisés : l’IFI, l’impôt sur la fortune immobilière, rapporte 2 milliards d’euros, cette année, 10% de plus que prévu. Il aurait pu aussi mettre toute son énergie sur la réforme de l’hôpital. 

Il aurait pu célébrer la commande de douze Airbus A 350 par Qantas, la compagnie australienne. Ils feront les vols les plus longs du monde avant Boeing. Il aurait pu se réjouir de la hausse du CAC 40 ou du succès de la privatisation de la FDJ. 

Pourquoi Emmanuel Macron s’est-il enferré dans cette réforme qui vient tout gâcher ?  

En faisant la réforme de la SNCF en 2018 puis celles des régimes spéciaux en 2019, il a cru que ce serait la “fin de l’histoire”.   

“La fin de l’histoire”, c’est une expression du politologue américain Francis Fukuyama après la chute du mur de Berlin. Pour lui, le triomphe du libéralisme sur le communisme marquait  la fin de l’évolution idéologique de l’humanité. Le seul ennemi du libéralisme était donc l’ennui.   

Voilà peut-être ce qu’Emmanuel Macron espérait en faisant cette réforme. Ce serait la dernière avant l’ennui : toutes les autres seraient faciles. Sauf que depuis, Fukuyama a reconnu qu’il s’était trompé. Il n’y a pas de “fin de l’histoire”. Mais en revanche, si ça dure, il y a vraiment un gros risque de fin de la croissance !

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