Le groupe pétrolier britannique BP a fait une annonce choc hier: il déprécie tous ses actifs de 20%. IL n'exploitera pas toutes ses réserves. C’est la fin du pétrole ?

le 12 février, quand le nouveau patron de BP, Bernard Looney a pris les rênes du groupe, le baril de brent s’échangeait à 56 dollars. L’arrêt des échanges, des transports, des avions, de l’activité avec le Covid l’a fait tomber à 20 dollars. 

Depuis la demande est repartie en Asie et retrouve ses niveaux d’avant Covid, mais le prix du baril de brent reste sous les 40 dollars. 

Pour le patron de BP, ce n’est pas un phénomène conjoncturel, mais une tendance de fond. Il en a tiré les conséquences en annonçant hier qu’il révisait à la baisse la valeur de ses actifs, c’est-à-dire de ses réserves de pétrole, notamment parce qu’il va renoncer à exploiter celles qui sont le plus difficile à atteindre. Il n’y va pas de main morte puisqu’il passe par pertes et profits environ 15 milliards d’euros. La semaine dernière il avait déjà annoncé la suppression de 10 000 postes. 

Il pense donc que nous entrons dans une récession longue ? 

De fait, le groupe pense que la demande en énergie va être plus faible pendant “une période prolongée”. Mais pas seulement. Il a aussi entendu les gouvernements et l’Union européenne qui disent vouloir utiliser les plans de relance pour verdir l’économie et BP en conclut que le Covid sera un tournant dans la transition énergétique.

Des plans comme ceux annoncés par l’Allemagne ou la France qui vont dépenser des milliards pour faire rouler les voitures ou voler les avions à l’hydrogène ne sont évidemment pas une bonne nouvelle pour son business. 

Bernard Looney table donc sur un baril du pétrole qui resterait autour de 55 dollars entre 2021 et 2050, contre 70 dollars dans ses prévisions avant le Covid. Et comme le patron de Total Patrick Pouyanné, il intègre  une nette hausse à venir de la taxation du carbone. 

Il va même plus loin, il veut “décarboner” son groupe. Ce n’est pas impossible ça, de décarboner un groupe pétrolier ? 

Il a annoncé dès qu’il a pris ses fonctions qu’il voulait atteindre la neutralité carbone en 2050. C’est un changement total, car BP est classée par le quotidien britannique le Guardian comme la société privée européenne la plus polluante depuis 1965. 

Il n’a toutefois pas du tout dit comment il comptait procéder. C’est un mystère. Mais Total tient un discours proche: son patron a reconnu dans Le Monde que la question de la pérennité des compagnies pétrolières est posée si elles ne se réinventent pas dans les nouvelles technologies, les énergies renouvelables ou la capture de CO2. 

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