Pas de trêve pour Donald Trump. Même si l’économie mondiale menace de ralentir à cause de l’épidémie de Coronavirus, il ne lâche rien dans la guerre commerciale qu’il mène contre la Chine et l’Europe et il a annoncé avant le week-end de nouvelles sanctions contre Airbus.

Les Etats-Unis veulent augmenter une nouvelle fois les droits de douane qui s’appliquent aux avions Airbus. Ils étaient déjà de 10% depuis octobre. Ils passeront à 15% à partir du 18 mars. 

Petit retour en arrière pour comprendre le contexte. Depuis quinze ans, un conflit commercial oppose Boeing et Airbus et à ce titre, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a autorisé les Etats-Unis à taxer 7,5 milliards de dollars de produits européens. Au printemps, toujours dans le même conflit, l’Europe sera sans doute aussi autorisée à taxer les avions ou produits américains. 

Les deux parties auraient donc pu chercher un accord. Mais les Etats-Unis n’ont pas attendu. Ils taxent non seulement les Airbus, mais aussi les vins, les olives, certains fromages, les anoraks, à hauteur de 25%. Ils viennent de rajouter, allez savoir pourquoi, les couteaux de cuisine de France et d’Allemagne. 

Pourquoi autant d’acharnement ? 

La semaine dernière, Airbus a annoncé d’excellents résultats opérationnels. Il a également présenté Maveric, son projet d’avion du futur, une sorte d'aile volante. Ses carnets de commandes sont pleins alors que Boeing est en pleine déroute. Le 737 max est toujours cloué au sol par les autorités américaines. Et ce décalage irrite forcément le nationalisme de Trump. 

Depuis l'élection de Donald Trump en 2016, les Américains ont calculé que l’excédent commercial de l’Europe sur les Etats-Unis a augmenté de 22%. Et, le dollar est fort par rapport à l’euro - il a encore monté ces dernières semaines- ce qui favorise les exportations européennes et agace le président américain. 

Trump veut donc un accord commercial avec les Européens pour rééquilibrer les échanges. Et son style de négociation, c’est le couteau sous la gorge. 

Le président américain veut interdire à la co-entreprise Safran-General Electric de vendre des moteurs Leap aux Chinois pour leur nouvel avion de ligne, encore en test, le Comac C919. Le permis d’exportation pourrait être retiré, selon les informations du quotidien américain le Wall Street Journal. 

Tant pis si les deux groupes -français et américain- qui produisent ce moteur sont déjà pénalisés par l’arrêt de la production de Boeing, qui utilise aussi le moteur Leap pour son 737max. Tant pis si les compagnies aériennes américaines vont devoir payer plus cher leurs avions et protestent. Tant pis aussi pour les viticulteurs français ou espagnols, victimes collatérales. Tout cela Donald Trump n’en a cure. Il ne jure que par le protectionnisme.

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