Emmanuel Macron a sorti un "bazooka" budgétaire pour soutenir les entreprises, éviter les faillites et les licenciements pendant cette crise du coronavirus. C'est concret.

Aider les entreprises à tout prix : décision phare prise par le président Emmanuel Macron lors de son allocution le 16 mars 2020
Aider les entreprises à tout prix : décision phare prise par le président Emmanuel Macron lors de son allocution le 16 mars 2020 © AFP / LUDOVIC MARIN

La semaine dernière déjà, le Président et les ministres avaient dit et répété que l’Etat ferait tout ce qui était nécessaire, “quoi qu’il en coûte”, pour éviter les faillites. “Quoi qu’il en coûte”’, c’est une référence explicite à la formule utilisée par Mario Draghi,  le président de la Banque centrale européenne, qui avait sauvé l’euro en 2012, mais pour beaucoup de français, c’était un peu vague. 

Hier Emmanuel Macron a voulu être plus concret. 

Que promet le chef de l’Etat ? 

  • Le chômage partiel indemnisé à 100% pour les employeurs, 
  • La possibilité de suspendre le paiement des impôts et des cotisations sociales et, c’est nouveau, pour les petites entreprises, la possibilité de ne plus payer leur loyer ou leurs factures d’eau et d’électricité, 
  • Des garanties de financement et des crédits de trésorerie pouvant aller jusqu’à 300 milliards d’euros. C'est un bazooka. C’est organisé par la BPI

Ce que l’Etat  va prendre en charge

Beaucoup, mais pas tout. Pour les loyers, par exemple, le président compte sur la solidarité nationale

Ce que Bercy a obtenu, c’est que les géants de la grande distribution, qui possèdent les galeries marchands autour des hypers, fassent un geste vis-à-vis des commerçants qui sont obligés de fermer rideau. Bruno Le Maire espère que les autres bailleurs seront aussi compréhensifs. 

Pour les factures d’électricité et d’eau, c’est Engie et EDF et sans doute Veolia ou Suez, qui acceptent de les décaler dans le temps. 

L’Etat, lui, va faire un geste pour les petites entreprises (moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires). Si elle perdent 70 % de leur chiffre d’affaires en mars, en plus du chômage partiel et des reports d’impôts et de cotisations, l’Etat leur versera 1500 euros

Le chômage partiel renforcé, mesure la plus coûteuse, mais indispensable. 

Exactement. Car l’Etat a annoncé hier qu’il le prendrait en charge à 100% pour les salaires allant jusqu’à 4 smic et demi, soit 36 euros nets de l’heure. 

En cas de chômage partiel, les salariés touchent 70% de leur salaire brut, soit 84% de leur salaire net. C’est simple à mettre en oeuvre. Les commerçants, les restaurants, mais aussi des groupes comme Air France, Michelin, Renault vont en profiter. Quand Michelin arrête ses usines en France, 10 000 personnes sont concernées. 

L’Etat va aussi indemniser les travailleurs indépendants, les travailleurs à domicile. N’oublions pas non plus que le parent qui reste avec les enfants et ne peut pas télétravailler, peut être en arrêt maladie. 

Alors tout cela aura un coût. Mais peu importe, ce n’est qu’un début pour combattre la propagation du virus, la récession qu'il entraîne et surtout préparer la sortir de crise. 

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