Pour l’instant, il y a relativement peu d’entreprises devant les tribunaux de commerce. Les aides de l’Etat produisent leur effet. Mais ça pourrait ne pas durer… Mais le ministère de l'économie et des finances s'y prépare en recrutant des cabinets de conseil.

Des cabinets privés épauleront Bercy face aux faillites (photo d'illustration)
Des cabinets privés épauleront Bercy face aux faillites (photo d'illustration) © Getty / Image Source

On a eu une récession historique l’an dernier et malgré cela, le nombre de faillites a diminué de 40%. Et depuis le début de l’année, les tribunaux de commerce sont toujours en sous-activité. 

Comme vous le disiez, les aides de l’Etat - prêts garantis dont la durée  a été prolongée, chômage partiel, fonds de solidarité pour les commerces ou les activités fermés - permettent à beaucoup de tenir. Et en ce moment, le fisc ou les Urssaf ne réclament pas forcément leur dû quand il y a des retards. 

Tout le monde retient son souffle, mais avec inquiétude. Le cabinet Altares anticipe 50 000 faillites cette année, contre 32 200 l’an dernier. 

Euler Hermes chiffre même le risque à 60 000. Avec la crainte que les entreprises fragiles tombent toutes en même temps, lorsque l’Etat commencera à fermer le robinet des aides.

Au ministère des Finances, on essaie d’anticiper ce moment… 

Depuis plusieurs mois déjà. En octobre, Bercy a lancé un appel d’offre d’une envergure inhabituelle pour être mieux armé en sollicitant des cabinets de conseil, qui pourront intervenir auprès des entreprises. 

Ils fourniront des “prestations d’appui à l’administration” pour les “restructurations et/ou transformations d’entreprises ». Cela va de l’audit financier à l’appui juridique, en passant par la recherche de financement, de repreneur, le conseil en stratégie et l’appui opérationnel s’il faut restructurer l’entreprise. 

Parmi la vingtaine de cabinets retenus en février, il y a comme toujours les anglo-saxons McKinsey, EY, PWC… Il y a aussi des experts financiers comme Eight Advisory et des consultants indépendants français, comme Eurogroup, Sémaphore ou Oneida, qui ont chacun leur spécialité.

Cet appel d'offre représente beaucoup d’argent ? 

Au regard de la taille du plan de relance, pas tant que cela: l’enveloppe est de 17 millions d’euros. Et Bercy n’est pas obligé de tout dépenser. Mais les services de l’Etat qui devront intervenir rapidement en cas de vague de faillites, pourront faire appel aux bons experts. 

Ces services, ce sont :

  • le CIRI qui prend en charge les gros dossiers, plus de 450 salariés, 
  • les Commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés - les anciens Commissaires au redressement productif  installés dans les régions par Arnaud Montebourg- pour les entreprises de plus de 50 personnes
  • et les Direccte, les directions départementales chargées des entreprises. 

Le gouvernement souhaite qu’ils aient les moyens d’anticiper les difficultés. Pour éviter les fermetures sans alternative comme celle de l’usine Bridgestone à Béthunes. 

Et vous pourrez retrouver tous les détails de cet appel d’offre sur le site de L’Obs