Après une décennie de crise, on aurait presque oublié que l’on pouvait faire grève pour réclamer des augmentations de salaire à son patron. C’est pourtant ce qui se passe depuis quelques mois aux Etats-Unis.

C'est le retour des grèves aux Etats-Unis
C'est le retour des grèves aux Etats-Unis © Getty / Rachel Luna

Il n’y a pas une semaine sans que la presse américaine ne parle d’un mouvement social, à l’est, à l’Ouest, dans l’industrie ou les services, chez les grutiers, les aciéries ou chez les profs. C’est bien simple, au cours des huit premiers mois de l'année, les jours de grève ont presque doublé aux Etats-Unis.

Qu’est ce qui explique cette grogne sociale ?

Trois mots : le plein emploi ! L'enchaînement est en effet bien connu des économistes. Plein emploi rime avec pénurie de main d’œuvre. Or, la rareté de la main-d'oeuvre redonne du pouvoir aux salariés qui se retrouvent alors en position de force pour obtenir de gré, donc en négociant, ou de force, en faisant grève, des augmentations de salaire. C’est exactement ce qui se passe en Amérique. La machine économique tourne à plein régime, et le taux de chômage est tombé en septembre à 3,7% de la population active, soit le plus bas niveau depuis 50 ans.

Ce qui vaut pour les Etats-Unis, vaut aussi pour la plupart des pays qui ne connaissent plus le chômage. Souvenez vous, en début d'année, le très puissant syndicat allemand IG Metall a arraché au patronat à l'issue de grèves dures, une hausse des salaires de 4,3%. 

Qu’en est-il de la France ? 

Le nombre de jours de grève continue de baisser et les défilés pour le pouvoir d'achat sont clairsemés comme on a pu le constater la semaine dernière. Il est vrai qu'avec un taux de chômage de 9 %, les chances de se faire entendre de l'État et des employeurs privés sont plutôt minces. Mais en France comme ailleurs, lorsque la main d’œuvre se fait rare, les rémunérations s’apprécient. Les cadres par exemple, dont le taux de chômage est inférieur à 5%, n'ont pas grand-chose à envier avec ceux à l’étranger qui négocient des augmentations. Une récente étude montre que les salaires d’embauche qui leurs sont proposés cette année sont en hausse de 2% minimum, quel que soit le métier. Il est clair que « meilleure formation et réduction de l'échec scolaire » sont les clés de l'emploi de demain, et nourriront peut-être les grèves d’après demain.

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