Le chef d’entreprise Mohed Altrad, patron du groupe qui porte son nom, a annoncé hier qu’il serait candidat à la mairie de Montpellier. Mais qui est cet homme ?

Mohed Altrad, candidat à la mairie de Montpellier
Mohed Altrad, candidat à la mairie de Montpellier © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Vous avez sans doute remarqué son nom sur les maillots de l’équipe de France de rugby ou, lorsqu’il y a des travaux, sur les échafaudages. La première entreprise qu’il a rachetée en 1985 était dans ce secteur. Il est ensuite passé aux bétonnières, puis, à coup de rachats successifs, il a créé un empire dans les services aux entreprises. 

Aujourd’hui, cet homme de 70 ans emploie 42 000 personnes dans le monde. Il les gère depuis Montpellier, avec un tout petit siège social, d’une vingtaine de personnes. Seule sa Ferrari garée devant rappelle qu’il est la 31ème fortune de France, plus de trois milliards d’euros, selon le magazine Challenges. 

Le plus étonnant dans son histoire, c’est son enfance. Il est né près de Raqqa en Syrie, dans une famille de bédouins, on ne sait pas exactement quel jour. Il est arrivé à Montpellier, après son bac, pour devenir ingénieur en informatique. La nuit, il écrit des romans.

La politique, jusqu’à maintenant, ce n’était pas sa priorité. Il n’allait même pas voter ! Il a commencé aux dernières élections, les européennes, en votant pour Nathalie Loiseau.

En fait, il ne supporte pas l’actuel maire de Montpellier, le socialiste Philippe Saurel : il y a quelques années, Altrad voulait racheter le stade et développer le quartier qui l’entoure, mais Philippe Saurel n’a pas voulu laisser cette manne foncière à un investisseur privé, nous rappelle Guillaume Mollaret dans le Figaro. ça n’a pas facilité leurs relations. 

Dans son programme, Altrad dit surtout regretter que Montpellier ait un taux de chômage de 14%. Il veut réduire la pauvreté. C’est nouveau car jusqu’à présent, sa fondation ne s’est pas occupée de social. D’ailleurs son style de management, dur et près de ses sous, n’est pas non plus réputé pour son côté social. 

Il n’est pas le premier businessman à penser qu’il sera plus efficace que les politiques. A commencer par Donald Trump… Beaucoup sont persuadés que leurs Fondations caritatives sont plus efficaces que les actions publiques. Altrad va un cran plus loin, en voulant être maire. 

Et pourtant, la supériorité des chefs d’entreprise en gestion publique, reste à démontrer. Les sagas Tapie ou Dassault nous le rappellent, ou même celle de Jean Bousquet, le patron de Cacharel, grand maire de Nîmes mais condamné pour abus de bien social. Ils manquent aussi parfois de ténacité. Souvenez-vous de Denis Payre, le talentueux et très intègre patron de la start-up Business Object, qui avait lancé le mouvement “Nous citoyens”. Il n’a tenu qu’une élection avant de renoncer. A suivre donc. 

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver l’article de Clément Lacombe "10 choses à savoir sur Mohed Altrad" sur le site de l’Obs.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.