C’est une histoire assez incroyable à Wall Street. Nikola, une start-up américaine, dit avoir mis au point un camion à hydrogène. Son action a atteint des sommets en Bourse. Mais tout cela reposerait sur des mensonges. et one ne sait pas jusqu'où le soufflé va se dégonfler..

Les camions à hydrogène de la start-up Nikola font parler d'eux (photo d'illustration)
Les camions à hydrogène de la start-up Nikola font parler d'eux (photo d'illustration) © Getty / Alan Thornton

Une tromperie de cette taille, ce serait du jamais vu. Autant vous dire que Wall Street retient son souffle. 

Nikola a été créée en 2014 à Phoenix, par Trevor Milton, un fan d’Elon Musk. Musk a appelé ses voitures Tesla, en hommage à Nikola Tesla l’ingénieur de génie. Milton, lui, a choisi d’appeler ses camions Nikola, le prénom de l’inventeur, en hommage à l’ingénieur et à Musk.

Sa société est entrée en Bourse en juin. Et le cours de l’action a tout de suite grimpé en flèche. Pour deux raisons : l’engouement des Américains pour le secteur du "zéro émission" - c’est-à-dire toutes les sociétés dont les produits n’émettent pas de CO2 - et l’annonce du lancement d’un pick-up.  

A l’été, Nikola valait près de 30 milliards d’euros : plus que Ford, que Hyundai, que Fiat Chrysler. Beaucoup plus que PSA ou Renault ! Avec une particularité : elle n’avait encore produit aucun véhicule. Seulement deux prototypes de camion à l’hydrogène. C’était juste une promesse. 

Une promesse qu’on attend toujours...

En effet. Pendant l’été, le soufflé est retombé. Mais début septembre, l’annonce d’un gros partenariat avec General Motors a relancé l’action à la hausse. General Motors, c’est tout de même la maison-mère de Chevrolet, Buick ou Cadillac. 

Il n’y avait toujours pas de véhicule en production, mais tout le monde s’en fichait. Jusqu’à ce que les analystes d’un fonds d’investissement spéculatif publient une note dévastatrice : pour eux, Nikola est une "supercherie", qui repose sur un "océan de mensonges". 

Et c’est étayé. Prenez par exemple cette vidéo spectaculaire d’un camion Nikola, le fameux prototype, qui roule en silence, à l’hydrogène. Et bien, il descendait tout simplement sans frein sur une route en pente douce après avoir été tracté au sommet. Prenez les photos qui illustrent la technologie maison. Les pièces ont été achetées à des équipementiers automobiles… 

Comment est-ce possible ? 

C’est ce qu’on va savoir rapidement. Car vous l’imaginez bien, la justice américaine s’est saisie de l’affaire et pas seulement la justice boursière. Nikola a reconnu que la vidéo était truquée. Mais la société essaie encore de se justifier sur sa technologie hydrogène. 

L’ironie de l’histoire, c’est que le fonds spéculatif qui l’attaque s’appelle Hindebourg, comme le dirigeable allemand qui a explosé en 1937. Et qui volait à l’hydrogène...

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