La Haute Autorité de Santé doit se prononcer dans les prochaines semaines sur un déremboursement de ces traitements, qui sont pris en charge à 30%. Elle avait été saisie par la ministre de la Santé après la publication d’une tribune de 124 médecins opposés à cette pratique.

L'homéopathie sera-t-elle toujours remboursée ?
L'homéopathie sera-t-elle toujours remboursée ? © Getty / Rebecca Sapp

Les académies de médecine et de pharmacie viennent de se prononcer pour le déremboursement. Et la voix de Valérie Poinsot se fait entendre de plus en plus clairement. Elle a pris la tête du laboratoire familial en janvier dernier, succédant à Christian Boiron, fils du fondateur. C’est la première fois que le groupe lyonnais est dirigé par une personne extérieure à la famille. Elle multiplie les interventions médiatiques pour défendre la filière, en France comme à l’étranger.

Valérie Poinsot a 49 ans et ce n’est pas une pharmacienne mais une spécialiste en marketing 

Le nerf de la guerre dans l’homéopathie. Elle démarre chez Publicis, puis passe par les laboratoires Fournier et Urgo. En 2000, elle entre chez Boiron comme chef de produit. Elle était numéro 2 depuis sept ans et prend les commandes du groupe à un moment difficile. En plus de cette fronde anti médecine douce, le leader mondial accuse une baisse de son chiffre d’affaires en Europe, en partie compensée par le boom des ventes en Amérique du Nord. Mais la France représente encore plus de la moitié de l’activité de Boiron. Et on comprend le coup dur pour l’entreprise en cas de déremboursement.  

Valérie Poinsot a-t-elle des chances de gagner son combat ?  

Elle mène en tout cas l’offensive sur tous les fronts. Question marketing, elle vient de lancer une campagne mobilisant médecins, associations de patients et deux autres laboratoires. Un site web a été ouvert MonHoméoMonChoix et rassemble plus de 150 000 signatures de soutien. Au plan économique, elle rappelle que l’homéopathie est utilisée par 77% des Français et que la prise en charge, c’est 86 millions d’euros par an. Ces patients consomment moins d’antibiotiques et moins d’anti dépresseurs. Reste le point politique: Boiron, c’est du 100% made in France. En cas de déremboursements, un millier d’emplois seraient menacés. De quoi faire réfléchir le gouvernement. Car, au final, c’est lui qui tranchera.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.