Boeing a annoncé en début de semaine qu’il suspendait la fabrication de son avion vedette le 737 Max, un modèle qui a connu deux accidents en octobre 2018 et en mars dernier, qui ont entraîné la mort de 346 personnes. Cette crise n’en finit pas pour le constructeur américain...

Quand l'américain Boeing tousse, le français Safran s'enrhume
Quand l'américain Boeing tousse, le français Safran s'enrhume © AFP / ERIC PIERMONT

Malgré les corrections effectuées par Boeing sur son système anti-décrochage, qui serait à l’origine des accidents, l’autorité de l’aviation américaine ne lui rendra pas son autorisation de voler d’ici la fin d’année… Les vérifications en cours prendront encore quelques semaines voire plusieurs mois. 

En attendant, les parkings de Boeing sont pleins. A Seattle, on voit même des avions rangés à la place des voitures des salariés.  Quatre cents appareils déjà assemblés sont prêts à être livrés, mais bloqués aux Etats-Unis. 

Cette catastrophe industrielle coûte à Boeing pratiquement 2 milliards d’euros par mois. Car les avions ne sont pas payés et il faut en plus indemniser les compagnies qui, n’ayant pas leurs appareils, subissent un manque à gagner. L’arrêt de la production devrait diminuer les coûts, sans impact sur les 12 000 salariés du groupe, pour l’instant. 

Si l’on est chauvin, on se dit que c’est une bonne nouvelle pour Airbus… les déboires de son rival lui ouvrent un boulevard !

Surtout pas ! D’abord parce que les carnets de commandes d’Airbus sont déjà pleins et que le groupe a du mal à tenir les cadences. 

Et surtout parce que les 737 Max sont équipés de moteurs fabriqués par un groupe français, le groupe Safran, en coopération avec General Electric. Safran, via la société Zodiac, fournit aussi des sièges à Boeing. Et d’autres sociétés aéronautiques françaises, comme Figeac Aero ou Lisi, travaillent aussi pour le constructeur américain. 

A Réau, en Seine-et-Marne, Safran produit plus de 80 moteurs par mois pour Boeing. Son PDG Philippe Petitcolin a dit au magazine l’Usine nouvelle qu’en dessous de 30 moteurs par mois, la chaîne n’était plus rentable.  Il va falloir réduire, mais pas trop. Pour l’instant, Safran ne sait pas encore comment il va procéder. Mais on voit bien l’interdépendance franco-américaine.

Y a-t-il d’autres conséquences ?

Oui. La  compagnie aérienne RyanAir, par exemple, a annoncé des fermetures de lignes, faute d’avoir les 34 Boeing qu’elle attendait.  

Mais le plus spectaculaire, ce sera l’impact des déboires de Boeing sur la croissance américaine. Certains analystes estiment que le choc, surtout dû à la baisse des exportations, pourrait être de 0,5 point sur une croissance d’un peu plus de 2%. Cela se répercutera en cascade sur les exportations françaises. 

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