Les députés vont examiner mi-mars le projet de loi qui vise notamment à lutter contre les déserts médicaux. Les mesures sont-elles convaincantes ?

Les mesures annoncées sont-elles suffisantes pour lutter contre les déserts médicaux ?
Les mesures annoncées sont-elles suffisantes pour lutter contre les déserts médicaux ? © Maxppp / Jean François Ottonello

Les mesures convaincantes 

Sur ce sujet, qui concerne aujourd’hui près de 20% du territoire et nourrit le sentiment d’abandon de millions de Français, le gouvernement veut aller vite et met sur la table plusieurs solutions intéressantes. C’est le cas du déploiement d’un millier de maisons de santé d’ici à 2022 sur tout le territoire pour soulager les urgences hospitalières, du recrutement de 4.000 assistants médicaux, sur le modèle des assistants dentaires, qui vont décharger les médecins des actes les plus simples ou de l’extension aux infirmiers et aux pharmaciens des soins à distances. 

Celles qui font débat 

D’autres mesures paraissent nettement moins convaincantes ou, en tous cas, sujets à débats. Prenez la fin du numerus clausus des études en médecine. L’objectif est d’augmenter de 20% le nombre de médecins, mais qui nous dit qu'à la fin de leurs études, ils vont aller s’installer là où l’on manque de médecins. De même, la création de 400 à 600 hôpitaux dits de proximité ne signifie pas forcément une amélioration de l’accès aux soins dans les petites villes puisque certains de ces hôpitaux proposeront simplement de la médecine générale et de la gériatrie et devront fermer leur maternité ou des services de chirurgie. 

L’autre lacune, peut-être, de ce texte est qu’il encourage le recrutement de médecins salariés mais pas l’installation de médecins libéraux dans les déserts médicaux. Heureusement, le secteur privé a compris qu’il y avait là un marché porteur et commence à prendre le relais. On l’a vu avec l’intérêt croissant de plateformes privées pour la télémédecine depuis que les consultations à distance sont remboursées par la Sécu. 

Les autres initiatives

D’autres initiatives voient aussi le jour, comme cette société privée qui a eu la bonne idée, par exemple, de proposer aux ophtalmos, qui veulent s’installer dans les déserts médicaux, de s’occuper de tout de A à Z. Moyennant finances, elle leur trouve le local, l’équipe entièrement, recrute une secrétaire, un comptable etc. Et ça marche : 31 cabinets ont déjà été installés dans toute la France et l’objectif est d’en ouvrir une dizaine par an. 

La preuve qu’il existe, contre les déserts médicaux, des solutions efficaces et qui, dans ce cas précis, ne coûtent pas un centime aux contribuables.

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