La pandémie de Covid a déstabilisé l’économie mondiale en profondeur. On commence à en mesurer vraiment tous les effets. Et ça se traduit, entre autres phénomènes, par une pénurie de conteneurs, ces caissons métalliques qui permettent de transporter les marchandises d’un bout à l’autre de la planète.

Ces fameuses boîtes que l’on voit empilées dans les ports ou sur le pont des bateaux manquent ! Le résultat est très clair: cela fait exploser les coûts de transport. Le prix du frêt maritime a été multiplié par 2 et demi, +150%, en un an. 

Il y a deux explications. D’abord, les règles sanitaires: à cause d’elles, des conteneurs sont coincés un peu partout, dans les ports, au gré des règles de confinement. Il n’y en a donc plus assez en Chine pour repartir vers le reste du monde. 

Ensuite la demande. Elle est repartie très fort en Asie, pour le marché local. Et dans le reste du monde, car les entreprises après quelques mois de tétanie, reconstituent leurs stocks. Les besoins en transport sont donc élevés. ça provoque un goulot d’étranglement. 

Et ça risque de changer les modèles industriels. 

ça pousse à y réfléchir en tout cas. La plupart des usines en Europe avaient adopté le modèle Toyota qui consiste à ne pas avoir de pièces d’avance  - donc pas d’argent immobilisé. Elles demandaient à leurs fournisseurs de les livrer “juste à temps” au moment où la pièce doit être montée sur la chaîne d’assemblage. Cela marchait très bien quand la mondialisation tournait comme une horloge. Mais le Covid a tout déréglé. 

Le premier grain de sable a été le ralentissement ou l’arrêt des usines en Chine au début de la pandémie. Les livraisons se sont arrêtées. Le deuxième est venu de la prudence des industriels occidentaux dont les usines étaient en chômage partiel, qui ont suspendu ou réduit leurs achats. Avant de tous les relancer en même temps, saturant, entre autre, le système de transport… 

Et quelles sont les conséquences ? 

La plus nette, c’est la pénurie de puces électroniques fabriquées à Taïwan, à cause de laquelle plusieurs usines automobiles ont dû être arrêtées. On produira 700 000 voitures de moins dans le monde au premier trimestre à cause de cela. Et pour de produits, comme les vélos par exemple, les délais de livraison s’allongent, jusqu’en 2022 pour certains modèles. 

La hausse du prix du frêt pèse aussi sur les marges des entreprises: c’est comme un impôt de 23 milliards d’euros sur les entreprises françaises, selon les calculs de l’assureur Euler-Hermès. A cela il faut ajouter la hausse du prix des matières premières - cuivre, aluminium et acier. 

On ne sait pas encore aujourd’hui si cette surchauffe est passagère, avec un retour à la normale en fin d’année, ou si c’est un emballement durable, le début d’un super cycle de croissance, avec, peut-être, le retour de l’inflation. A suivre, donc. 

Et qu’y a-t-il à la une de L’Obs ? 

Crimes sexuels dans l’Eglise, la Grande confession. Après l’affaire Barbarin, la commission présidée par Jean-Marc Sauvé a recueilli 6500 témoignages. 400 par mois pendant deux ans et demi. C’est sidérant. 

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