Le nouveau président des Etats-Unis, Joe Biden, entrera en fonction cette semaine, après la cérémonie d’investiture mercredi. Et on sait déjà qui sera son ministre des Finances. Aux Etats-Unis, on dit: "Secrétaire au Trésor".

La secrétaire au Trésor de Joe Biden : Janet Yellen, ici en 2017 devant le Le Comité sénatorial des États-Unis sur les banques, le logement et les affaires urbaines
La secrétaire au Trésor de Joe Biden : Janet Yellen, ici en 2017 devant le Le Comité sénatorial des États-Unis sur les banques, le logement et les affaires urbaines © Getty / Tom Williams/CQ Roll Call

Plutôt sa ministre, car pour la première fois c’est une femme qui occupera ce poste aux Etats-Unis et qui signera les dollars.  Elle s’appelle Janet Yellen. Elle a 74 ans, un sourire franc et on la reconnaît facilement à sa couronne de cheveux blancs. C’est une économiste chevronnée. Tout sauf une inconnue dans le monde des grands argentiers. 

En 1997, sous Bill Clinton, elle présidait déjà le comité d’économistes chargés de conseiller la Maison Blanche.  Et en 2014, Barack Obama l’a nommée présidente de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine. 

Elle n’y a fait qu’un mandat de quatre ans, car Donald Trump l’a remerciée, avec ce prétexte invraisemblable : il la trouvait … trop petite. Elle mesure 1,53m… 

Grâce à Biden, elle tient sa revanche. En devenant Secrétaire au Trésor, elle accomplit en quelque sorte le grand chelem : elle aura occupé les trois postes les plus puissants en économie dans son pays. Ce que personne n’a jamais fait avant elle. 

Avant de prendre ses fonctions, elle doit être auditionnée par le Sénat

Elle en a l’habitude. Mais ce qui pourrait pimenter son audition -qui commence demain - c’est sa déclaration de patrimoine. 

On y découvre que, depuis qu’elle a quitté la présidence de la banque centrale en 2018, Janet Yellen a donné de nombreuses conférences. Et ça lui a rapporté beaucoup beaucoup d’argent : les banques et les fonds d’investissement étaient prêts à payer entre 40 000 et 250 000 euros pour l’entendre. 

Au total, elle a touché 6 millions d’euros en deux ans de la part d’entreprises qu’elle va maintenant devoir réguler… 

Ce ne sera toutefois pas le sujet central. Celui qui occupe tous les esprits, c'est le prochain plan de relance. 

Arriver en pleine pandémie, dans un pays qui vient de perdre 10 millions d’emplois, c'est compliqué

On dit souvent que quand les femmes arrivent à franchir le “plafond de verre”, c’est parce qu’une “falaise de verre” ("glass cliff")les attend ! On les appelle à la rescousse quand tout va mal… 

En l'occurrence, c’est vrai, mais ça tombe plutôt bien, si l’on en croit Paul Krugman, le grand éditorialiste économique du New York Times.

Il a fait d’elle un portrait très élogieux. Il note que cette spécialiste du chômage n’oublie jamais l’humain derrière les statistiques -elle a été marquée par ses travaux sur la crise de 1929-,  qu’elle connaît aussi les imperfections dans le fonctionnement des marchés. 

On attend maintenant Janet Yellen pour savoir :

  • Jusqu’où peuvent aller les déficits et la dette, 
  • Jusqu’où le dollar peut baisser, 
  • Comment réduire les inégalités, 
  • Et si elle acceptera, comme l’Europe le demande, une juste taxation des Gafa.