Sans le Coronavirus, le festival Solidays aurait démarré demain, on devrait parler de la programmation du Festival d’Avignon, des pièces à découvrir, ou bien se préparer au Festival de jazz de Montreux, mais la plupart de ces rendez-vous n’auront pas lieu cet été… Avec un manque à gagner économique élevé.

Combien pèse le spectacle vivant ? Ici à Solidays (2011) dont l'édition de cette année a été annulée
Combien pèse le spectacle vivant ? Ici à Solidays (2011) dont l'édition de cette année a été annulée © Getty / David Wolff - Patrick

Et cela va faire un trou dans notre économie. C’est déjà l’heure des comptes et ça fait un peu froid dans le dos.  Hier le quotidien helvétique Le Temps essayait d’évaluer le manque à gagner provoqué par l’annulation de deux festivals en Suisse: Jazz à Montreux et le Paléo Festival de Nyon, où Céline Dion était attendue. 

Un professeur d’HEC Lausanne a défini une règle simple :

Un euro de dépenses pour un Festival génère le double de retombées économiques pour la ville et ses environs.

Par exemple, à Montreux le taux de remplissage des hôtels atteint 90% pendant le festival, contre 35% le reste de l’année. Sans ces événements, l’économie locale à Montreux et à Nyon va donc perdre 100 millions d’euros. 

En France, SoFest, un collectif de chercheurs du CNRS et des universités de Montpellier et Nanterre, a étudié en détail 129 festivals. Mais il y en a encore plus. Vous imaginez le manque à gagner…

A combien l’estiment-ils ? 

Il n’est pas forcément équivalent à celui de la Suisse. Les prix à Belfort sont plus raisonnables qu’à Montreux. Mais tout de même. 

Ils estiment les pertes directes (les recettes des festivals) et indirectes (les retombées locales) autour d’un milliard et demi d’euros. 

Il ne faut pas oublier que ce milliard et demi fait des petits, puisque les entreprises, les artistes, les techniciens qui les gagnent les dépensent ensuite, ce qui fait monter la fourchette au-delà de 2 milliards d’euros. 

Le cabinet de conseil et d’audit EY a lui aussi fait des calculs…

Oui, à la demande de Prodiss, le syndicat des salles de spectacles privées, il a évalué le manque à gagner de recettes pour le spectacle vivant entre le 1er mars et le 31 mai, avant les festivals donc. La perte était déjà de 590 millions d’euros. Selon EY, la moitié des entreprises sont au bord de la faillite, même si elles ont accès aux différentes aides d’Etat, prêt garanti, chômage partiel. 

Derrière ces chiffres il ne faut pas oublier qu’il y a des personnes 

22 000 intermittents du spectacle et 4 200 permanents seraient déjà obligés de se reconvertir.

Les directeurs de théâtres et de salles de concert pressent donc le ministre de la culture Franck Riester de répondre aux propositions qu’ils lui ont faites pour rouvrir plus largement, dès cet été. Ils s’impatientent. 

Et c’est aussi la Une de L’Obs cette semaine... 

Oui, elle est titrée “SOS Spectacle” .15 artistes se confient, parlent de leur métier et de ces concerts, pièces ou ballets que malheureusement nous ne pouvons pas voir.

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