Les boutiques rouvrent, le commerce non-alimentaire redémarre, mais doucement. Et les deux mois de fermeture liés au Covid-19, et de perte totale de chiffre d’affaires, ne sont pas faciles à effacer. Vendredi Naf Naf et Alinea ont été placées en redressement judiciaire et l'avenir de Conforama est en suspens.

Ici un magasin Conforama, photo prise en 2005
Ici un magasin Conforama, photo prise en 2005 © AFP / JACK GUEZ

En effet et ça génère une immense inquiétude chez les salariés du secteur. Plusieurs enseignes, à court de trésorerie, ont dû se résoudre à aller devant le Tribunal de Commerce pour être placées en redressement judiciaire. 

Leurs salariés continuent à être payés mais ils ne savent pas de quoi demain sera fait. Ils savent juste que leurs actionnaires et leurs créanciers cherchent, avec le Tribunal, une solution et éventuellement un repreneur. 

C’est le cas des boutiques de prêt-à-porter Naf Naf, 1200 salariés, et de l’enseigne de meubles et objets pour la maison Alinea, 2000 personnes. Elles ont déposé le bilan vendredi. 

Le prêt garanti par l’Etat, ce n’est pas à cela qu’il devait servir ? Soutenir la trésorerie des entreprises et leur éviter de se retrouver devant le Tribunal de Commerce ? 

Si absolument. Et d’ailleurs ce prêt garanti a rempli son office : 66 milliards d’euros ont déjà été débloqués pour soutenir presque 400 000 entreprises : 

  • Fnac Darty a obtenu 700 millions d’euros
  • Brico Dépôt et Castorama ont reçu 600 millions
  • Habitat, via sa maison-mère, en a aussi bénéficié. 

Pour obtenir ce prêt, il y a toutefois une condition : il fallait être en bonne santé avant le Covid. Et après le Covid, il faut être considéré comme viable. Les banques gardent en effet une petite partie du risque. 

Est-ce que c’est cela qui pose problème chez Conforama? 

Hélas, oui. L’enseigne demande 320 millions d’euros de prêt garanti. Mais ses banques traînent des pieds. Vendredi les syndicats ont dénoncé cette attitude, avec angoisse : l’avenir de 9000 salariés est en jeu. 

Deux banques sont montrées du doigt :  HSBC, qui se retire du marché français, et surtout BNP Paribas, parce qu’elle était absente lors de la dernière réunion du CIRI, le comité qui s’occupe des entreprises en difficulté au ministère de l’économie. La banque s’est expliquée en disant attendre “un nouveau projet industriel, de long terme et mobilisant les actionnaires actuels ou de nouveaux actionnaires”

En réalité, l’actionnaire actuel de Conforama, un groupe sud-africain en liquidation, ne peut rien faire pour sa filiale. Les actionnaires de fait sont les fonds d’investissement qui détiennent la dette de Confo et qui ont pris le pouvoir. A eux de montrer qu’ils soutiennent l’enseigne autant qu’ils s’y étaient engagés avant le Covid. Bizarrement leur nom est un secret bien gardé par la direction de Conforama. Et pendant ce temps, But, le grand concurrent, qui a un actionnaire autrichien, serait prêt à une forme de rapprochement, mais il serait sans doute socialement très coûteux. 

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