Les députés ont infligé samedi dernier un camouflet à l’un des lobbies les plus puissants de France. La loi Pacte, du ministre de l’Economie Bruno Le Maire, a été votée samedi par l’Assemblée nationale, en deuxième lecture. Et les députés ont adopté un amendement qui déplaît fortement aux banques.

Par Marc Lomazzi 

D’abord, la Loi Pacte, c’est cette loi un peu fourre-tout où il est question de la privatisation des Aéroports de Paris, des seuils sociaux dans les entreprises, de la durée des soldes et j’en passe.

Cette loi, donc, a été adoptée dans la nuit de vendredi à samedi à 6h15 du matin très exactement par une poignée de députés. Eh bien, figurez-vous qu’en pleine nuit – vers quatre heures du matin – ces vaillants parlementaires ont voté un amendement qui interdit tout bonnement aux banques de vous obliger à domicilier votre salaire chez elles si elles vous accordent un prêt immobilier.
 

Pourquoi les banques sont-elles si remontées contre cet amendement ?

Parce que cette pratique – je te prête de l’argent mais tu rapatries tes salaires chez moi - c’était du pain bénit. Car, pour les banques, le prêt immobilier n’est aujourd’hui qu’un produit d’appel. La banque rogne sur ses marges pour vous attirer dans ses filets et vous vendre ensuite toute une série de placements ou d’assurances beaucoup plus rémunérateurs.

Avec le système actuel, le poisson une fois ferré, l’était pour longtemps puisque la banque pouvait vous obliger à rester dix ans chez elle. Le lobby bancaire s’est démené en coulisse pour garder cet avantage exorbitant mais les députés ont tenu bon. Ils ont mis fin à cette pratique estimant qu’elle était contraire au droit européen.
 

Très concrètement, cela signifie que je peux souscrire un prêt immobilier auprès d’une banque… tout en gardant mes comptes dans une autre ?

Oui. La banque qui vous prête de l’argent pour acheter votre appartement pourra toujours vous proposer de domicilier vos revenus chez elle mais ce sera dans le cadre d’une négociation commerciale. Et ça, évidemment ça change tout. Ce n’est plus le banquier qui aura la main mais vous. 

C’est une vraie victoire pour les consommateurs. Qui vient s’ajouter à une autre victoire obtenue l’an dernier. Si vous avez accepté, en même temps que votre prêt immobilier, l’assurance-emprunteur proposée par la banque, vous pouvez maintenant renégocier cette assurance, en général très chère, tous les ans et aller voir ailleurs si vous trouvez mieux. Et quand on sait que l’assurance-emprunteur représente, selon les cas, entre 10% et 30% du coût total du crédit, le consommateur doit, là encore, absolument faire jouer la concurrence. Cela peut vous permettre, croyez-moi, d’économiser des milliers d’euros !
 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.