Faut-il avoir peur du retour de l’inflation ? On en parle de plus en plus, notamment aux Etats-Unis où le plan de relance massif de l’administration Biden pourrait entraîner une surchauffe de l’économie.

L'inflation
L'inflation © Getty / Yuichiro Chino

C’est devenu un sujet de débat outre-Atlantique et il a un petit écho en Europe car les industriels sont nombreux à constater des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement mondiales qui provoquent une flambée des tarifs. On le voit sur les semi-conducteurs, sur l’acier ou le cuivre. On le voit sur le prix du fret. Sur les vélos…

Comme les tensions Chine-Etats-Unis demeurent, la désorganisation du commerce mondial ne va pas s’arrêter. Avec peut-être d’autres ruptures de stock. D’autant que la croissance est repartie vite en Chine. Et que la même chose se profile aux Etats-Unis: l’économiste Olivier Blanchard parle d’”une hausse de la demande comme il n’en a jamais vu de sa vie”

Et pourtant, vous n’avez pas l’air très inquiète… 

Le retour de l’inflation, s’il se confirme, ne serait pas une si mauvaise nouvelle: cela voudrait dire que la vaccination est un succès, que l’économie est vraiment repartie. L’inflation serait alors une sorte d’impôt sur l’épargne, un moyen de ronger les dettes. 

Mais en Europe, la plupart des économistes n’y croient pas. Il y aura peut être des tensions sur le marché de l’emploi, avec des métiers qui manqueront de candidats - on en voit déjà-, des petites hausses de salaires ou des primes. 

Mais le vieillissement de la population et la hausse des demandeurs d’emploi sont tels  qu’on craint plutôt encore une forme de déflation. C’est-à-dire un tassement des prix et des salaires, dans des pays comme la Grèce, l’Irlande ou l’Espagne. Il y aurait certes une petite hausse en Allemagne et aux Pays-Bas. Mais toujours très en dessous de 2%, l’objectif de la zone euro. 

Les Britanniques ont annoncé des modifications dans le calcul de leur indice de prix à la consommation pour bien mesurer l’inflation. En France aussi, il y a des ajustements ? 

Ce sont des ajustements techniques, qui ont lieu tous les ans. Nos voisins anglais ont ajouté le gel hydroalcoolique, le bas de jogging, les altères, les montres connectées ou les voitures hybrides et électriques dans leur indice des prix pour tenir compte de la consommation en pandémie et des nouvelles technologies.

En France, hormis le gel, nous avions déjà ces produits dans l’indice. Nous avons ajouté les masques et retiré les chaînes hifi. Pour 2020, l’Insee a aussi réduit le poids du cinéma ou celui des dépenses de restaurant. On croise les doigts pour qu’elle puisse faire bientôt la démarche inverse. 

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