Il y a deux privatisations dans l’actualité : celle de la Française des Jeux et celle de la compagnie pétrolière Aramco en Arabie Saoudite. Ont-elles un point commun ?

La privatisation d'Aramco
La privatisation d'Aramco © Maxppp / ALI HAIDER / EPA /Newscom

Elles ont toutes les deux pour but de préparer l’avenir. L’argent de la FDJ ira abonder un Fonds pour l’innovation, celui d’Aramco ira dans un fonds souverain qui doit préparer l’économie saoudienne à l’après-pétrole. 

Mais les ordres de grandeur des deux opérations n’ont rien à voir ! Hier Bruno Le Maire, le ministre des finances, s’est félicité que les épargnants français aient réservé plus d’un milliard d’euros d’actions FDJ.

Les Saoudiens, eux, veulent encaisser entre 22 et 23 milliards d’euros, en vendant moins de 2% d’Aramco, leur compagnie pétrolière nationale. Aramco, c’est un monstre. Elle pompe 10% du pétrole mondial. Elle a encore 52 ans de réserves devant elle - c’est trois à quatre fois plus que les autres compagnies. 

22 milliards, ça nous paraît énorme, et pourtant, l’opération saoudienne n’est pas un franc succès.

C’est même une déception. Cette privatisation devait être le point d’orgue du plan Vision 2030 du prince héritier Mohammed Ben Salmane, 34 ans, qui disait vouloir ouvrir et moderniser son pays. 

Il pensait que le monde entier allait se précipiter sur son fleuron, dont il estimait la valeur à 2 000 milliards de dollars. Mais il a dû revoir son prix à la baisse, autour de 1 700 milliards et vendra finalement quatre fois moins d’actions que prévu. 

Pourquoi les investisseurs étrangers boudent-ils la privatisation d’Aramco ? 

Il y a au moins trois raisons. La première, c’est qu’ils ne croient pas à la volonté d’ouverture du Prince héritier, surtout depuis l’assassinat en Turquie du journaliste du Wall Street Journal Jamal Khashoggi. La deuxième, c’est l’instabilité dans la région. Les attaques de drones attribuées à l’Iran en septembre sur les installations d'Aramco, ont montré la vulnérabilité des installationsd’Aramco

Mais c’est aussi le changement de statut du pétrole. Les Etats-Unis étant auto-suffisants grâce au gaz ou au pétrole de schiste, et le reste du monde rêvant d’énergies renouvelables, l’or noir saoudien, ça rapporte toujours énormément, mais ce n’est plus ce que c’était. 

Aramco sera donc vendue aux familles riches et moins riches d'Arabie Saoudite à des fonds souverains de la région et à quelques investisseurs chinois ou russes avant une introduction à la bourse de Riyad mais plus question d’aller sur une grande bourse internationale. 

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