Masa yoshi Son a mené cette nuit la plus grosse introduction en Bourse du Japon et la deuxième de tous les temps depuis celle d’Alibaba en 2015.

Cet entrepreneur de 61 ans vient de lever plus de 20 milliards d’euros avec la cotation de SoftBank mobile, le numéro deux japonais du téléphone. Depuis des semaines, l’opération alimente les gazettes financières locales, en raison de son montant bien sûr, mais surtout parce qu’elle est menée par un personnage unique du capitalisme japonais, qui suscite tout à la fois de l’admiration mais aussi beaucoup de méfiance. Etre un Jeff Bezos ou un Mark Zuckerberg au pays du soleil levant, c’est loin d’être simple. Le Japon est une veille puissance manufacturière peu à l’aise avec une nouvelle économie qui piétine les codes et les organisations établies. L’Archipel aime beaucoup les composants électroniques et les robots. Il aime moins l’économie immatérielle.

En quoi Monsieur Son est-il si différent des entrepreneurs japonais ?

En tout !  Ses origines : c’est un fils d’immigré coréen !  Ses débuts : à 16 ans, ce self made man part apprendre l’informatique en Californie, plutôt que de s’intéresser à l’industrie. Il en revient avec une calculatrice qu’il revend à Sharp. C’est sa première fortune.  Sa stratégie est également peu commune: SoftBank lancé en 1981 va devenir un géant, à coup d’acquisitions (Yahoo Japan entre autres), d’investissements malins (Alibaba notamment), mais aussi de création d’entreprises comme SoftBank mobile.

Son culot, le rend aussi unique. Avec VisionFund, il a créé le plus grand fonds de capital-risque au monde. Visionfund, c’est 100 milliards de dollars, une force de frappe financière qui lui a permis en quelques années d’entrer au capital de toutes les pépites des technologies. Citons entre autres: Nvidia, incontournable dans les jeux vidéo… WeWork, champion du coworking… le chinois Didi et l’américain Uber, les deux plus grandes plateformes de mobilité de la planète !

Rien ne semble lui résister…

Il est effectivement puissant, brillant, un brin mégalo - Pour la petite histoire il fait des business plan à 300 ans .  Mais il est aussi fragile : SoftBank, c’est 110 milliards de dollars de dettes, soit autant que l’endettement public du Pakistan !  Les milliards levés en Bourse cette nuit serviront à désendetter l’empire. Une initiative saluée par ses créanciers qui n’empêchera quand même pas Mr Son de danser encore très longtemps au-dessus du mont Fuji !

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